Les pires films de l'année 2025 du blanc lapin
- Blanc Lapin
- 22 déc. 2025
- 23 min de lecture

Comme chaque année, il y a des bons films et des mauvais voire très mauvais, parfois pas attendus et qui surprennent toujours. Ils ont pour principal intérêt de fixer le niveau des autres films vraiment réussis. Alors voici le tour assassin des pires films de 2025 du blanc lapin ...
N°20 - The Ballad Of A Small Player

Ballad of a Small Player mise beaucoup sur son atmosphère et sur la présence de Colin Farrell, et c’est essentiellement là que réside sa force. L’acteur, constamment au centre du cadre, parvient à donner de l’épaisseur à un personnage pourtant écrit de façon assez sommaire. Autour de lui, tout semble moins assuré : les seconds rôles peinent à exister, et même Tilda Swinton, pourtant toujours précise, n’a pas l’espace qu’on pourrait attendre dans un film de cette ambition.
Sur le plan visuel, le film déploie une esthétique léchée : lumières soignées, couleurs travaillées, élégance des décors… L’ensemble est indéniablement séduisant à regarder, mais cette sophistication finit par souligner la faiblesse du récit. L’intrigue avance au ralenti, tourne en rond, et ne parvient jamais à dépasser l’impression de déjà-vu que la mise en scène tente de masquer. Le film observe, contemple, s’installe dans la mélancolie, mais peine à lui donner un véritable sens dramatique.
Malgré quelques images marquantes et une certaine cohérence stylistique, l’histoire reste superficielle, sans tension ni réelle progression émotionnelle. On suit la dérive de cet antihéros comme à travers une vitre : avec curiosité, mais à distance. Au final, le film séduit par son extérieur plus que par ce qu’il raconte. Un objet élégant, porté par un acteur en pleine maîtrise, mais qui laisse en bouche un goût d’inachevé.
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N°19 - Thunderbolts*

Marvel Studios rassemble une équipe de anti-héros peu conventionnelle : Yelena Belova, Bucky Barnes, Red Guardian, Le Fantôme, Taskmaster et John Walker. Tombés dans un piège redoutable tendu par Valentina Allegra de Fontaine, ces laissés pour compte complètement désabusés doivent participer à une mission à haut risque qui les forcera à se confronter aux recoins les plus sombres de leur passé. Ce groupe dysfonctionnel se déchirera-t-il ou trouvera-t-il sa rédemption en s’unissant avant qu’il ne soit trop tard ?
Selon la presse à la sortie il y a quelques mois, un vent de fraîcheur semblait souffler sur l'univers Marvel avec l'arrivée des Thunderbolts. Ce groupe de héros atypiques, aux traumas et aux failles très humaines, plus intimes et plus émouvants.
Sil il est vrai que les décors sont plus sobres et l'atmosphère plus crédible, les personnages sont certes moins unidimensionnels que d'habitude mais çà reste sans surprise. Le scénario est balisé, le rythme est parfois un laborieux et je me suis franchement emmerdé. Donc bon ce n'est pas ce film qui réconciliera avec Marvel que je n'ai jamais beaucoup aimé dans l'absolu.
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N°18- After the Hunt
De Luca Guadagnino

Dans After the Hunt, Luca Guadagnino confronte une professeure de Yale à une accusation qui fissure autant son entourage que ses propres certitudes. Julia Roberts incarne cette figure prise en étau, incapable de choisir entre loyauté personnelle et principes affichés, dans un récit qui puise dans les crispations post-#MeToo pour bâtir un drame où chacun protège son pré carré.
Malgré ses ambitions — questionner les hiérarchies académiques, les angles morts du pouvoir, les fractures entre générations — le film peine à trouver une ligne claire. Les thèmes se bousculent, les conversations se font abstraites, la dramaturgie s’enlise dans une densité théorique qui finit par étouffer l’émotion. L’œuvre veut embrasser toutes les zones grises de l’époque sans toujours parvenir à en dégager une vision cohérente.
Reste l’élégance formelle de Guadagnino. Le cinéaste maîtrise mieux le trouble que la démonstration, et c’est dans ces moments suspendus — un regard, un geste, un silence trop long — que le film retrouve sa puissance, laissant affleurer l’inconfort moral qui traverse toute sa filmographie.
Porté par un trio d’acteurs solide, After the Hunt apparaît finalement comme une œuvre ambitieuse mais ratée, frustrante dans son discours, et symptomatique d’un cinéma qui réfléchit beaucoup, parfois trop, au détriment du cœur battant de ses personnages.
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N°17- Novocaine

Lorsque la fille de ses rêves est kidnappée, Nate, un homme ordinaire, transforme son incapacité à ressentir la douleur en une force inattendue dans son combat pour la retrouver.
Un héros immunisé contre la douleur ? C'est le point de départ original de ce film d'action, qui tente de pousser cette idée à ses limites. Mais au lieu de profiter de ce concept unique, le film sombre dans la violence excessive et les scènes de baston répétitives. Le ton est censé être humoristique, mais il finit par être plus choquant que drôle.
Malgré un casting agréable, le film se perd dans la médiocrité. Les scènes d'action sont filmées de manière conventionnelle, sans aucune originalité. Le potentiel est là, mais il est gaspillé par une réalisation trop prévisible. Finalement, ce film d'action ne laisse pas une grande impression, hormis celle d'une violence excessive et inutile.
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N°16 - Dragons

La franchise Dragons de DreamWorks Animation a rapporté 1,6 milliard de dollars de recettes au box-office mondial en l'espace de trois films.
Cédant à la mode Disney qui revisite tous ses classiques dessin animé en film avec de vrais acteurs, DreamWorks Animation va faire la même chose avec son carton public et critique, Dragons.
Le premier film avoisinait les 500 millions de dollars au box-office américain, permettant le lancement de Dragons 2, et Dragons 3 : Le Monde caché, sorti en 2019.
Dreamworks a même décliné le concept en série.
Le studio semble vouloir copier Disney non par créativité mais parceque ceci rapporte énormément d'argent à la firme aux grandes oreilles.
Le réalisateur et scénariste Dean DeBlois, à savoir le réalisateur des trois dessins animés, se charge de sa réadaptation et le moins qu'on puisse dire c'est qu'il a réussi un joli copier coller.
Sauf que c'est chiant. Les personnages du dessin animé étaient attachants grâce à l'animation mais là çà sonne faux.Voire tous ces vickings avec ces casques ridicules et ces créatures qui ressemblent plus à des monstres de Sos fantômes qu'à des dragons qui font peur, ben c'est chiant. Je me suis vraiment emmerdé de bout en bout tant l'histoire, les personnages sont fades. Et comme je connais déjà l'histoire çà fait que le film de 2h, vous pouvez doubler en ressenti. Très honnêtement j'ai lâché avant la fin, çà m'a gavé. La vie est trop courte. Next.
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N°15 - Jay Kelly

Noah Baumbach est l’un des grands auteurs indépendants américains de ces dix dernières années et a signé deux chefs d’œuvre avec Marriage Story et Frances Ha.
Il a signé un deal de plusieurs années avec la plateforme Netflix, où après The Meyerowitz stories et donc Marriage Story, il a retrouvé son acteur fétiche Adam Driver et son épouse, la brillante actrice/réalisatrice Greta Gerwig pour l’adaptation hélas ratée d’un roman de Don DeLillo, White noise.
Mais qu'arrive t-il à ce brillant auteur pour être devenu aussi lourdeau depuis deux films ? Ce 4ème film pour Netflix qui réunit Georges Clooney et Adam Sandler , manque cruellement de finesse. On comprend certes l'objectif du film de montrer l'impact de l'égotisme d'un acteur sur son entourage et la solitude qui en ressort. Mais voir Clooney jouer ainsi la mega star à la carrière immaculée, a d'abord quelquechose de gênant car si Tarantino était méchant de dire qu'il était un acteur moyen, on ne peut pas dire que la filmographie de Georges Cooney soit brillante. Or comme le film joue en permanence avec la célébrité de son acteur principal, on est franchement mal à l'aise. A ceci s’ajoutent de très nombreuses scènes assez ridicules, que ceci aille du train français tout droit sorti d'un imaginaire américain culcul hyper éloigné de la modernité des trains européens, à l'accueil par des italiens complétement teubés et caricaturaux (je serai italien, je cracherait sur le film). Cette caricature de l'Europe façon carte postale est à vomir. Après, il subsiste quelques scènes émouvantes ou très amères sur cette solitude profonde de la star mais elles sont noyées dans un ensemble qui ne prend pas chair. Le film est si maladroit qu'on a franchement du mal à se dire que c'est le même hauteur que des chefs d’œuvre de sensibilité comme Frances Ha ou Marriage Story. J' espère sincèrement que Noah Baumbach retrouvera son inspiration car la vision de ces deux heures très très longues font franchement pitié.
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N°14- Wolfman

Leigh Whannell propose avec Wolf Man une relecture contemporaine du mythe du loup-garou, audacieuse dans ses intentions mais inaboutie dans son exécution. S’il tente, comme avec Invisible Man, de s’emparer de la figure monstrueuse pour en explorer une dimension plus humaine et contemporaine, le résultat s’avère moins convaincant. Le film débute pourtant sur des bases solides, porté par une réalisation soignée, quelques images marquantes et un vrai savoir-faire dans l’installation d’une atmosphère anxiogène.
Mais rapidement, le récit perd de sa tension. Une fois la créature révélée, la menace s’essouffle et le scénario peine à maintenir l'intérêt. Le rythme s’étiole, et les rebondissements deviennent prévisibles. On sent alors les limites d’un film qui peine à s’extraire de son statut de série B produite par Blumhouse. Le film oscille entre une volonté de modernité et des mécaniques narratives trop convenues pour surprendre. L'œuvre souffre d’un déficit d’émotion, d’un casting inégal, et d’un manque de chair autour de ses bonnes idées.
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N°13- Jurassic World Renaissance
"Jurassic World Rebirth" sort malgré le score en demi teinte du dernier volet, qui artistiquement était particulièrement raté et navrant à regarder. Le septième film issu de la franchise initiée par Steven Spielberg, aurait pu présenter un intérêt.
Tout d’abord pour son réalisateur, Gareth Edwards, à qui l’on doit les excellents Star Wars Rogue One anssi que le tout récent The Creator. David Koepp, scénariste des premiers Jurassic Park est de retour, ce qui pouvait rassurer aussi.
Ensuite parceque les insupportables Chris Pratt et Bryce Dallas Howard dégagent pour laisser la place à l’excellente Scarlett Johansson, à Jonathan Bailey (La Chrinde Bridgerton), au très bon Rupert Friend (Homeland, Asteroid City, The French Dispatch, Obi-Wan Kenobi, La Mort de Staline, Les poings contre les murs) et Mahershala Ali , deux fois lauréat de l’Oscar du Meilleur second rôle en 2016 pour Moonlight puis en 2018 pour Green Book.
Et bien c'est peine perdue car le film n'est certes pas le pire des sept films voir il est plus classique et plus réussi que la dernière trilogie mais il faut voire à quoi on compare. Les personnages sont certes moins tête à claque que les derniers et l'action est au rendez-vous avec notamment une très bonne scène de monstres sous-marins, qu'on n'avait peu vus dans les précédents films.
Passée cette première heure, le reste est somme toute déjà vu et revu avec des scènes qui font franchement copier coller des films précédents à un point où on se demande si les scénaristes ont pris la peine de les regarder. Les personnages ne surprennent jamais, ce qui notez a toujours été le cas dans la franchise. Alors certes on en a pour notre argent et pour ce que l'on est venus chercher mais bon...c'est très très très déjà vu, déjà fait, souvent en mieux. Les scènes s'enchainent comme une sorte de passage obligé, les arcs scénaristiques sont connus limite avant qu’ils débutent et on sait qui va se faire bouffer ou pas, zéro surprise.
Bref, c'est assez mauvais et très décevant de la part de ce très bon réalisateur, comme si les îles de Jurassic Park arrivaient à transformer l'Adn de brillants artistes en faiseurs hollywoodiens sans aspérités. Une sorte d'inversion de l'évolution chez de bons réalisateurs et une forme de fossilisation d'excellents acteurs dans un respectable franchement bof. A éviter !
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N°12- Elio
Elio, un petit garçon à l'imagination débordante, se retrouve par inadvertance téléporté au Communiverse, une organisation interplanétaire composée de représentants de galaxies très éloignées. Identifié à tort par ces éminences comme l'ambassadeur de la Terre, Elio est tout sauf préparé à une telle pression.
Mauvaise nouvelle, après des années difficiles et un semblant de retour avec Vice Versa 2, le studio Pixar se plante de nouveau avec sa nouvelle histoire originale. A croire que sa stratégie de faire des suites à ses succès avec bientôt Toy Story 5 est la bonne et surtout la confirmation que la firme aux idées n'en n'a plus beaucoup, des idées !
Elio est franchement fadasse. Certes l'animation est au rendez-vous mais l'histoire est un peu naze et sent le réchauffé. Les moments d'émotion sont rares et surtout très attendus et les personnages manquent de folie, manquent de consistance et on ne s'y intéresse pas du tout. La preuve en est cette voix off en fin de film qui vient conclure d'une phrase sortie de nul part comme si la production sentait qu'il fallait trouver une justification à ce film sans grand intérêt qui ne porte aucun sens, aucun message universel comme Pixar a su si bien le faire dans ses multiples chefs d’œuvre. Non ce Elio est triste car il n'a rien à dire, rien à proposer d'original et on espère franchement que Pixar va se reprendre car si c'est pour sortir ce type de film insipide, autant s'abstenir.
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N°11 - Warfare
d’Alex Garland
sur Amazon Prime

J'aime beaucoup Alex Garland, scénariste sur nombre de films de Danny Boyle dont le 28 jours plus tard et le 3ème film qui sort en ce moment, 28 ans plus tard.
Passé depuis 10 ans à la mise en scène avec Ex machina, Annihilation, Men et l'excellent Civil War, il a su s'imposer comme un réalisateur de genrte science-fiction avec une vraie identité.Civil War était sa première incursion hors de la Sf et il la poursuit avec Warfare, un film de guerre aussi radical qu’expérimental, co-dirigé avec Ray Mendoza, ancien militaire ayant survécu à l'opération retracée ici.
Le projet s’inspire d’un assaut réel mené par des Navy SEALs en Irak en 2006. Mais contrairement aux classiques du genre ou même à son film précédent, Garland évacue tout cadre narratif traditionnel et s’attache exclusivement à reconstituer en temps réel la mission, dans une logique quasi-documentaire.
Dès les premières minutes, le spectateur est plongé au cœur de l’action, sans repères, sans contexte explicite. On suit un groupe de soldats pris dans une situation tendue, sous une pluie de feu. Caméra portée à hauteur d’homme, absence totale de musique, effets sonores ultra-travaillés – chaque balle, chaque souffle, chaque cri lacère l’écran avec une brutalité réaliste. Mais très vite, ce dispositif, aussi soigné soit-il, montre ses limites. En refusant toute structure dramatique, Garland semble aussi avoir renoncé à donner de l’épaisseur à ses personnages. Pas de parcours individuel, pas d’évolution psychologique, à peine quelques traits esquissés. La confusion est parfois telle qu’on peine à distinguer qui est qui. Cette froideur méthodique, si elle vise sans doute à rendre compte de la désorientation du combat, empêche toute implication émotionnelle durable.
Le film se vide de sens en même temps que ses personnages se vident de leur sang et on finit par s'ennuyer et trouver le dispositif très attendu malgré une durée courte d'1h33.
Warfare ne raconte pas la guerre mais l’expose, frontalement, comme un état, une mécanique. Le résultat est donc abstrait, répétitif et maque cruellement d'humain et d'empathie avec de grosses longueurs sur ces 90 minutes.
La lassitude finit par gagner puisqu'il n'y a aucun discours politique sous-jacent, ce qui est la plupart du temps l'intérêt d'un film de guerre. On se doute que la guerre çà fait mal, c'est sale, c'est crade, c'est des cris et de l'innommable. Mais autant voir un documentaire.
L'absence de recul critique et la concentration sur des tirs ennemis, des pertes,rend le film d'autant plus détaché. Sans colonne vertébrale narrative, sans regard engagé, Warfare donne l’impression de tourner à vide. En somme, Warfare est un film de guerre sans histoire qui échoue à provoquer autre chose que le respect de sa performance technique.
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N°10 - Tu ne mentiras point

Irlande, 1985. Modeste entrepreneur dans la vente de charbon, Bill Furlong tache de maintenir à flot son entreprise, et de subvenir aux besoins de sa famille. Un jour, lors d'une livraison au couvent de la ville, il fait une découverte qui le bouleverse. Ce secret longtemps dissimulé va le confronter à son passé et au silence complice d'une communauté vivant dans la peur.
Ce film est relativement lent voire presque immobile, ce qui refroidira les plus fervents admirateurs de Cillian Murphy. Comme souvent avec cet excellent acteur, les mots sont remplacés par les non-dits, le réalisateur utilisant l'incroyable cinégénie du personnage de Cillian Murphy.
Enfermé dans ses propres cicatrices, le personnage s'éveille à l’injustice sociale agit comme un lent embrasement. Le problème est que le film est relativement chiant sans être totalement raté.
La mise en scène, austère et rigoureuse, choisit la retenue et à force de retenue, on regarde sa montre. Inspiré de faits réels, le récit puise sa force dans cette réalité sociale tragique mais l’approche contemplative du réalisateur tend parfois à en diluer l’impact.
La première partie du film s’attarde trèèèèès longuement sur le quotidien du protagoniste, un choix qui renforce l’idée d’une société paralysée mais qui peut éprouver la patience ou vous aider à faire un bon gros dodo pour rattraper vos heures de sommeil. La gravité de l'ensemble confine parfois à l’étouffement.
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N°09- Resurrection

Resurrection, le nouveau film de Bi Gan, a été présenté comme l’expérience cinématographique la plus vertigineuse de l’année, après son passage en compétition à Cannes. L'ambition du projet, à savoir rendre hommage à de nombreux styles cinématographiques à travers le rêve, vous laissera hélas probablement de marbre car il s’agit typiquement de la caricature du film intello cannois surcoté qui vire à la caricature très très vite.
Dans un futur où l’humanité a renoncé à rêver pour atteindre l’immortalité, une agente chargée de traquer les derniers “rêveurs” s’attache à l’un d’eux et plonge dans son inconscient. Ce point de départ minimal cache une fresque sensorielle de plus de deux heures trente, conçue comme un voyage à travers les émotions, les perceptions et un siècle d’histoire du cinéma. Sauf que c'est chiant, très très chiant et sans queue ni tête, sans structure. Il ne suffit pas de pondre des images de rêve certes parfois très belles pour raconter une histoire. Évidemment, certains cinéastes comme David Lynch, arrivaient ce tour de force d'hypnotiser le spectateur sans que ce dernier ne comprenne forcément l'histoire.
Mais là c'est franchement pénible et çà dure 2h40 soit une éternité, à tel point qu'on ressort du fil soit en ayant eu le sentiment de passer 100 ans dans la salle soit en s'échappant de la projection avant la fin, avec une forme de sentiment de libération assez improbable.
Le film s'auto regarde le nombril d'un satisfecit des images qu'il déroule, mais il manque cruellement de corps, d'âme et de vie. Un film boursoufflé et imbu de lui-même, présent comme un chef d’œuvre par une partie de la presse avant même de l'avoir vu. Une vraie et douloureuse leçon de ce qui parfois créé un fossé entre le public et un microcosme auteurisant d'un snobisme assez affligeant.
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N°08- Le mélange des genres

Simone, une flic aux idées conservatrices, est infiltrée dans un collectif féministe qu'elle suspecte de complicité de meurtre. A leur contact, Simone s’ouvre progressivement à leurs idées. Mais lorsqu’elle est soupçonnée par le groupe d'être une taupe, elle se sert du premier venu pour se couvrir : Paul, un homme doux, inoffensif et respectueux des femmes qui vit dans l’ombre de sa moitié, faisant de lui, malgré elle, un coupable innocent. Simone, catastrophée de ce qu’elle a fait, tente de réparer sa faute... Comment Paul va-t-il réagir ?
J'aime bien Michel Leclerc et ses comédies légères gentiment de gauche, un peu blasées et ironiques sur son propre univers d'intellectuels un peu naïfs. Le nom des gens, Télé gaucho, La Lutte des classes, Les goûts et les couleurs, autant de films sympathiques. Voir l'excellente Léa Drucker incarner une flic infiltrée face au non moins excellent Benjamin Lavernhe, avait de quoi titiller ma curiosité. D'autant que le réalisateur se moque du féminisme de façon là aussi douce ainsi que de l'homme déconstruit.
Seulement voilà, le film démarre franchement mal avec près de trois quart d’heure d'histoires totalement parallèles qu'on ne voit pas du tout se croiser. Le film ronronne de quelques blagues par ci par là mais c'est très mou jusqu'à ce que le sujet s'envenime avec une vision au final ultra caricaturale du féminisme qui donnerait plutôt envie au spectateur de les envoyer bouler tellement les militantes ont l'air bêtes. Ce n'est franchement pas un bel hommage aux luttes de générations de femmes engagées que de les résumer à des folles hystériques et naïves. De l'autre côté, le personnage de Benjamin Lavernhe devient de plus en plus idiot et tête à claque et ne donne à voir que les côtés les pires du mâle version 2025, un peu simplet et sans odeur, sans saveur, bref, de quoi donner des arguments aux fachos masculinistes, soit l’inverse de l'objectif du film. Par ailleurs le scénario est très mal ficelé et ne tient pas la route, comme si on avait fait du collage de scénars pour les faire se rejoindre et çà ne prend pas.
La caricature et les clichés deviennent alors hyper balourds et emportent le film dans un mélange de consensualisme mou et de vision pas du tout vendeuse du sujet que le film est censé défendre. Les stéréotypes en ressortent renforcés ! Un comble.
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N°07- The Gorge
De Scott Derrickson
Avec Anya Taylor-Joy, Miles Teller

Deux agents surentraînés sont affectés à des postes de garde dans des tours situées des deux côtés d’un vaste gouffre secret, afin de protéger le monde du mal mystérieux qu’il renferme. Nouant des liens malgré la distance, les deux agents doivent rester vigilants face à cet ennemi invisible. Mais lorsque la menace cataclysmique pour l’humanité leur est révélée, ils devront faire équipe pour maintenir le secret à l'intérieur du gouffre avant qu’il ne soit trop tard.
Voici donc la première vraire grosse bouse de l'année par le réalisateur pour Apple TV+ réalisée par Scott Derrickson (Sinister, Black Phone).
Certes Anya Taylor-Joy et Miles Teller sont charmants et mignons mais cette rom-com d'action sent plus le scénario écrit par une intelligence artificielle qu’autre chose. Ce produit donne l'impression de vouloir cocher plein de cases et nous mélange de la comédie romantique vue et revue, du thriller de série Z, des morts vivants dignes du pire nanar de ce genre bien rempli et un mixte avec le Annihilation d'Alex Garland. Donc la seule originalité assez ridicule qui fait penser aux marcheurs blancs de GOT, est en fait pompée en moche sur le travail d'un autre réalisateur.
C'est juste mauvais et affligeant de manque d'idées, comme un jambon industriel sous cellophane. Beurk. Anya Taylor-Joy est une super actrice mais elle devrait faire attention à ses choix car ses beaux yeux énormes ne la sauveront pas éternellement de ses mauvais choix. C'est bien de lire les scenari avant d'accepter un rôle.
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N°06- Miroirs N°3

Lors d'un week-end à la campagne, Laura, étudiante à Berlin, survit miraculeusement à un accident de voiture. Physiquement épargnée mais profondément secouée, elle est recueillie chez Betty, qui a été témoin de l'accident et s’occupe d’elle avec affection. Peu à peu, le mari et le fils de Betty surmontent leur réticence, et une quiétude quasi familiale s’installe. Mais bientôt, ils ne peuvent plus ignorer leur passé, et Laura doit affronter sa propre vie.
C'est la dernière fois que je me ferai avoir par la presse qui encense systématiquement Christian Petzold, réalisateur allemand qui incarne à lui tout seul le cinéma auteuriste chiant qui parcequ'il trouve une bonne chanson dans sa ba et un concept, pense qu'il a un scénario sous la main. Son film précédent "Le ciel rouge" m'avait déjà donné envie de me pendre au bout de 10 minutes. Là son film n'est absolument pas crédible une seconde. Cette jeune femme qui après un accident de voiture mortel pour son mec, ne contacte pas sa famille et squatte tranquillou chez une femme mure qui semble super chelou et à qui on ne confierait pas deux secondes son portefeuille ou son chat et encore moins, sa convalescence. Le film dure 1h30 et il parait durer cinq heures tellement il ne se passe rien. Les personnages sont amorphes et histoire s'étire et s'étire puisque le scénario n'a rien à dire. Ce genre de film est insupportable car il éloigne le public du cinéma d’auteur. C'est un cinéma complaisant qui se regarde le nombril et que j'exècre au plus au point. 1h50 de perdue le temps d'aller au ciné et de revenir. Qu'est ce que je lui en veux à ce Christian Petzold !!! Je suis furax.
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N°05- Mountainhead

Après l'immense succès de Succession, Jesse Armstrong revient avec Mountainhead, un film grinçant où une poignée de milliardaires assiste impuissante — et parfois indifférente — à l'effondrement du monde, depuis leur retraite luxueuse sur les pistes enneigées.
Porté par Steve Carell, Jason Schwartzman, Cory Michael Smith et Ramy Youssef, le film suit une bande d'ultra-riches déconnectés de la réalité.
Alors que l’un d’entre eux est célébré comme “l’homme le plus riche du monde”, un autre souligne l’impact catastrophique de sa plateforme, accusée d’avoir alimenté le chaos global. Les marchés s’effondrent, la Présidente des États-Unis tente de les joindre, mais certains préfèrent rester concentrés sur leur partie de poker.
Avec Mountainhead, Armstrong se plante en reprenant son concept génial de Succession, insistant sur le cynisme des ultra riches milliardaires mais pour en faire des caricatures pas très crédibles. Peut-être sont-ils complètement tarés et déshumanisés. Peut-être souhaitent-il sérieusement transplanter leur cerveau et leur âme dans des robots ou un cloud et tuer la mort. Mais qu'ils soient à ce point inhumains semble facile comme approche et surtout très binaire.
Surtout, là où le film aurait pu justement s'intéresser à la psyché de gens qui ont tout pouvoir, qui peuvent tenir tête à des Etats, il les limite à de purs mégalos inconscients de leur impact ou tout du moins uniquement flattés d’orgueil et en roue libre totale. Il est vrai qu'Elon Musk ne donne pas un spectacle très rassurant mais tous sont-ils à ce point hors sol de toute responsabilité sociétale ? Et si c'est le cas, pourquoi avoir fait basculer le film dans une décision des personnages totalement absurde et sans aucune morale qui plombe tout le début pour virer au grand guignol et à la farce facile. Non, le film est très décevant et on n'attendait bien plus fin de la part du showrunner de l'une des plus grandes séries de ces dernières années.
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N°4 - Babygirl

Romy, PDG d’une grande entreprise, a tout pour être heureuse : un mari aimant, deux filles épanouies et une carrière réussie. Mais un jour, elle rencontre un jeune stagiaire dans la société qu’elle dirige à New York. Elle entame avec lui une liaison torride, quitte à tout risquer pour réaliser ses fantasmes les plus enfouis…
Nicole Kidman a reçu le prix d’interprétation féminine au dernier festival pour ce thriller sensuel du studio A24 : Babygirl. Elle y incarne une dirigeante de grande entreprise importante, qui va entamer une liaison torride avec son stagiaire beaucoup plus jeune. Ce dernier est joué par Harris Dickinson, qui commence à enchaîner les bons rôles après Iron Claw et Sans filtre.
On y retrouve également Antonio Banderas, dans le rôle de l’époux.
La critique est plutôt très bonne et pourtant...disons que le film est gênant de part cette différence d'âge...30 ans...de part ce rapport de pouvoir qui post #Metoo questionne. Certes, le jeune homme est consentant et surtout c'est lui qui provoque et assume et a pleine conscience de son pouvoir dans un monde où les agressions sexuelles et abus de position dominante, ou phénomènes d'emprises sont fort heureusement de plus en plus dénoncés. En ce sens le film est provocateur et intéressant. Mais disons que le film est quelques part aussi un peu attendu. Le visuel ramène aux films érotiques des années 90, extrêmement daté, d'un style visuel assez laid.
Le principe d’inverser le rapport homme-femme est bon, puisque c'est la femme qui a le pouvoir. Après je trouve que c'est faussement provocateur à bien des égards, la culpabilité étant un tue l'amour assez incroyable. Quitte à traiter le sujet, pourquoi en avoir fait une présentation aussi froide. A l'image de ce visage de cire de son actrice principale, le film apporte au final peu de sensualité. C'est assez glauque ces rapports de soumission et de domination. Harris Dickinson dégage certes quelquechose mais franchement avec cette femme botoxée à mort et assez inexpressive, on ne comprend tout simplement pas le délire du jeune homme. Ok c'est Nicole Kidman mais bon elle est sacrément figée et pas sexy du tout.
Le sado masochisme à l'écran c'est souvent plus pathétique et risible qu'autre chose. La mise en scène est glaciale et m'a laissé relativement éloigné. Le film n'est pas subversif, il est lourd et ultra insistant sur chaque symbole. Pire, le film est moralisateur à souhait et sur cette thématique c'est impardonnable. Ramener la sexualité à la soumission n'a rien de féministe mais au contraire c'est très patriarcal. Bref entre l'embarras du thème, le regard laid sur notre monde, où cette histoire ne peut être que du cul triste et des rapports de domination, ce mélange est malaisant et parfois ridicule.
La piste aux lapins :

N°3 - Fountain of Youth
De Guy Ritchie

Natalie Portman et John Krasinski jouent un frère et une sœur se lançant à la recherche de la fontaine de jouvence !
Fountain of Youth est réalisé par le stakhanoviste Guy Ritchie.
Le réalisateur de Arnaque crime et botanique, Sherlock Holmes, Snatch ou The Gentlemen, s’intéresse à une histoire de fantastique et d’aventure.
Mais si parfois il est très doué dans l’action il se plante aussi comme avec Aladdin et Le Roi Arthur, qui étaient de gros navets sans âme et à peine regardables.
Fountain of Youth fait partie hélas de cette partie du travail de Ritchie et ses équipes, qui est clairement bâclé. La faute va d'abord à un scénario affligeant qui compile Benjamin Gates (déjà mauvais) et les pires clichés d'Indiana Jones. Sauf que ce n'est ni fin ni drôle et que les personnages font ultra fakes. Voir l’excellente et trop rare Natalie Portman dans ce type d’univers pouvait faire plaisir mais au final le film est tellement mauvais et son rôle tellement ringard, qu'on aurait préféré qu'elle s'abstienne. Elle ajoute ainsi une autre daube à sa filmo pas si terrible que cela, parsemée de mauvais choix ces dernières années et qui s'avère dangereux pour la suite de sa carrière. John Krasinski fait le job mais il n'est ni charmant ni drôle et on s'ennuie ferme de ses blagues et cabotineries à deux balles.
Fountain of Youth est disponible sur Apple TV+ et franchement il n'y a pas grand chose à sauver.
La piste aux lapins :

N°2 - The Electric State
De Joe Russo et Anthony Russo

Une adolescente réalise que son nouvel ami robot, doux mais étrange, lui a en fait été envoyé par son frère disparu. Elle et le robot partent à la recherche du garçon, découvrant ainsi une vaste conspiration...
Avec un budget colossal de 320 millions de dollars, The Electric State des frères Russo s'impose comme le film le plus cher de l’histoire de Netflix. Pourtant, derrière ses effets spéciaux impressionnants et son esthétique rétrofuturiste, cette adaptation d’un roman de Simon Stålenhag peine à convaincre.
Tiraillé entre l’aventure familiale et le blockbuster d’action, le film ne choisit jamais vraiment son camp. Son scénario, basé sur un concept SF déjà vu et revu, manque de souffle et d’audace, sacrifiant toute ambition épique pour un récit convenu et formaté. Plutôt que de captiver, il cherche surtout à privilégier le divertissement sans une véritable proposition cinématographique.
Si The Electric State interroge la coexistence entre humains et intelligence artificielle, son discours reste balourd et superficiel, ses enjeux sous-exploités et son émotion artificielle à défaut d’être intelligente. Millie Bobby Brown, star interne à Netflix depuis Stranger things, livre une performance assez robotique et attendue tout comme Chris Pratt qui décidément aime les nanars et joue toujours avec la conviction d'un paquet de lessive. Le final tente un sursaut d’émotion mais se vautre dans du larmoyant histoire de finir de nous énerver.
Au final, ce road movie SF consensuel illustre parfaitement les limites des superproductions Netflix : une vitrine technologique impressionnante, mais un film sans profondeur, sans cœur, et surtout sans véritable raison d’exister autrement que pour engranger des vues.
La piste aux lapins :

N°1 - Eddington
De Ari Aster

Mai 2020 à Eddington, petite ville du Nouveau Mexique, la confrontation entre le shérif et le maire met le feu aux poudres en montant les habitants les uns contre les autres.
Ari Aster s'est pris une volée de bois vert en compétition officielle pour la Palme d'Or cette année avec son Eddington.
J'aurais aimé apprécier le film. Il fait partie des réalisateurs trentenaires qui ont la hype à Hollywood. Il a acquis ses galons d'auteur dans le cinéma d'horreur avec Hérédité et Midsommar. Beau is afraid a divisé la presse et n'a pas trouvé son public lors de sa sortie en avril 2023. Joaquin Phoenix y campait un homme soumis à des névroses.
Or le nouveau film d'Ari Aster est clairement une arnaque. Arnaque au studio derrière la production et au public à qui on a vendu un casting cinq étoiles avec en plus de Joaquin Phoenix, les très hype Pedro Pascal en maire ennemi et concurrent du shérif, la géniale Emma Stone tout juste auréalée d'un second oscar de meilleure actrice avec Pauvres Créatures (après Lala land) et le beau gosse qui déchire l'écran, Austin Butler (le Elvis de Baz Luhrmann et le méchant iconique Feyd-Rautha Harkonnen dans Dune Partie 2).
Et bien Stone et Butler on deux scènes de quelques minutes sur 2h30 interminables, un foutage de gueule qui risque de compliquer les financement pour Aster par la suite. Car à force de faire son petit malin et de trouver de gros budget sur un casting qu'il n'utilise pas pour pondre des œuvres absolument pas grand public, çà risque de coincer. Surtout que bon, le film serait réussi, on regretterait l'absence des deux acteurs ou le fait que Pedro Pascal n'est absolument pas 1er rôle et qu'on ne voit QUE Joaquin Phoenix. Sauf que le film est brouillon du début à la fin. On ne sait pas si Ari Aster veut critiquer la maga et l'Amérique profonde qui refusent le masque durant le Covid et contaminent tout le monde. Ou est ce que c'est une analyse du décalage entre démocrates progressistes, derrière Black lives matters et les républicains reclus sur eux mêmes et pro armes à feu ou complotistes. Ce n'est pas clair. Le film brasse trop de thèmes qui sont chacun pas traités. C'est un entre deux et on ne comprend ni le propos ni l’objectif ou tout du moins si à la fin mais on est déjà gavés car 2h30 pour raconter aussi peu de choses sur des thèmes aussi riches et d'actualité mais qu'est ce qu'il a foutu ?
Le film n'est ni mal réalisé ni mal joué mais c'est son scénario qui est franchement mauvais. Son portrait de l’Amérique trumpisée manque de finesse et de recul. Le résultat est indigeste, pas agréable à regarder, pas stimulant intellectuellement, facile souvent et la surenchère de violence finit par nous sortir du film tant elle tombe comme un cheveu sur la soupe déjà dégueulasse à avaler. Son choix de faire une farce sur des sujets qui s'y prêtent aussi peu avec un humour pas drôle enfonce les derniers clous d'un cercueil qu'il a bien cherché. Next.
La piste aux lapins :




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