Frankenstein
- Blanc Lapin
- 9 nov. 2025
- 2 min de lecture
De Guillermo del Toro

Après avoir bouleversé l’animation avec son Pinocchio oscarisé, Guillermo del Toro donne vie à une nouvelle œuvre empreinte de poésie noire et de monstres torturés. Cette fois, il s’attaque à une figure fondatrice de la littérature fantastique : Frankenstein. C'est un projet qu'il porte depuis toujours et comme tout film rêvé par un grand cinéaste toute sa carrière, le risque est de décevoir.
Si le résultat ne fait pas partie du top de la filmographie du grand Guillermo del Toro, le film n'en demeure pas moins très réussi et emprunt d'une nostalgie, d'une beauté gothique visuelle époustouflante et d'un message déchirant.
Fidèle à son goût pour les créatures tragiques et l’étrangeté de l’âme humaine, le cinéaste mexicain a donc réalisé et produit pour Netflix son adaptation à la fois ambitieuse et intime du roman culte de Mary Shelley. Pour la somme monstrueuse de 120 M$, Del Toro livre un film sombre aux décors hallucinants, ainsi qu'un nouveau film du genre fantastique qui marquera. Surtout, il prolonge une longue lignée de cinéastes du fantastique et lui rend un hommage master classe de 2h30 qui passe très vite au final. Guillermo del Toro livre avec Frankenstein une œuvre somme, à la fois aboutissement esthétique et manifeste intime. Le cinéaste revisite le roman de Mary Shelley avec une fidélité rare, tout en y insufflant sa sensibilité baroque et sa vision tragiquement humaine du monstre. Plus qu’une relecture, il s’agit d’une véritable symphonie gothique où se mêlent poésie visuelle, romantisme noir et émotion brute.
Oscar Isaac y endosse le rôle du Dr Victor Frankenstein, savant brillant, visionnaire, mais consumé par son orgueil. Il surjoue un peu et en fait des caisses mais c'est à se demander si ce n'est pas volontaire en hommage aux films en noir et blanc qui virent la créature et son père arriver dans les salles obscures dans les années 30. À ses côtés, Jacob Elordi, révélé récemment dans Saltburn et Priscilla, et star montante de tous les projets qui comptent, incarne la créature.Le choix de Guillermo del Toro est bien vu car Elordi est un beau monstre. Il est certes couturé de partout et monstrueux mais son regard, son visage fin, ses expressions lorsqu'il a peur et sa taille immense près de 2 mètres, fit et légère, en font une version jusqu'alors inconnue du célèbre monstre. Ceci le rend profondément humain et attachant, ce qui est l'une des grandes réussites du film.
Del Toro suit le mode de récit du livre en commençant par la fin ou en donnant une vision sous deux angles, celle de Victor puis du monstre, à la Rashomon, et c'est brillant. La figure du créateur, hanté par ses propres blessures, et celle de la créature, assoiffée d’amour et de reconnaissance, trouvent ici un équilibre d’une intensité bouleversante.
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