top of page

En attendant la nuit

De Céline Rouzet




Philémon est un adolescent pas comme les autres : pour survivre, il a besoin de sang humain. Dans la banlieue pavillonnaire un peu trop tranquille où il emménage avec sa famille, il fait tout pour se fondre dans le décor. Jusqu'au jour où il tombe amoureux de sa voisine Camila et attire l’attention sur eux…


Le cinéma français est en forme depuis plusieurs années et le cinéma de genre tout particulièrement, avec Le Règne animal, Teddy, Dans la brume, La nuit a dévoré le monde, La Nuée, Titane ou Grave.



En attendant la nuit n’atteint pas leur niveau mais reste une très belle réussite. Elodie Bouchez qu’on ne voyait plus est de retour depuis quelques années pour notre plus grand plaisir et le jeune Mathias Legoût Hammond est très convaincant pour son premier rôle au cinéma. Il incarne comme sa partenaire à l’écran, Céleste Brunnquell, toute la fragilité du jeune adulte sortant de l’adolescence et découvrant le désir d’émancipation. Comme tout film à la thématique vampirique, la réalisatrice Céline Rouzet s’intéresse à la métaphore sexuelle du personnage fantastique. Mais elle le fait avec une originalité certaine en mixant ce mythe et celui du monstre, de l’être différent que l’on retrouve davantage chez d’autres figures que le vampire, par exemple chez Éléphant Man ou les X Men. En effet ici, elle présente ceci comme une maladie et intégre autour une famille aimante qui n’est pas vampire et tente de tout cacher et le faire vivre ou plutôt survivre. On pensera à toute forme d’enfant « différent » à savoir en situation de handicap dans une famille et aux combats des parents pour vivre un tant soit peu heureux. La famille est à la fois un refuge et une prison délimitée par la différence de l’enfant et tout ce qu’elle engendre comme sacrifices. Et puis Mathias Legoût Hammond est solaire malgré son personnage qui fuit la lumière.


En adaptant les spécificités du vampire et en le rendant profondément humain qui lutte pour ne pas sombrer du coté animal, la réalisatrice apporte une vraie nouveauté. Un regard à la fois sobre et efficace avec une montée en puissance élégante du suspens. La fragilité et le danger du personnage arrivent à envoûter et illustrer de manière moderne le mythe. Très bien vu.


La piste aux lapins :




8 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Eat the Night

De Caroline Poggi, Jonathan Vinel Pablo et sa sœur Apolline s’évadent de leur quotidien en jouant à Darknoon, un jeu vidéo qui les a vus grandir. Un jour, Pablo rencontre Night, qu’il initie à ses pet

Comments


bottom of page