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Le règne animal

De Thomas Cailley


Le réalisateur du très bon "Les combattants" revient enfin : "deux ans après l'apparition des premières mutations de l'homme vers l'animal. La société s'adapte, prend en charge et tente de soigner ses "créatures" dans des centres spécialisés. Mais un convoi a un accident, et les Créatures se dispersent dans la nature…".


Romain Duris et Adèle Exarchopoulos sont accompagnés de Paul Kircher, la révélation du film Le lycéen sorti fin 2022, pour ce film SF made in France.

Et disons le d'entrée, "Le règne animal" est une énorme claque comme on en voit rarement et sera probablement l'un des plus grands films de 2023.

Fable écologique novatrice, le film a reçu un superbe accueil à Cannes car le résultat est époustouflant, d'une grande profondeur de thématiques tout en étant divertissant.


Le jeune Paul Kircher est de la plupart des scènes et il est brillant de naturel, d'animalité. Il est drôle et touchant en adolescent qui comprend ce qui lui arrive et cherche à repousser l'inévitable. Sa connexion avec la nature, son rapport à ces êtres mi-hommes mi animaux est fascinant. Le film aurait pu tomber dans le ridicule très rapidement. Sauf que c'est tout l'inverse en utilisant une forme originale et créative pour mieux traiter du fond, des questions qu’il soulève avec puissance.


Thomas Cailley a pris un risque et quel risque, en ayant l'ambition de porter ce discours métaphorique sur le bien être animal, sur la tolérance vis à vis d'êtres différents, thématiques traitées dans de nombreux films, de films d'auteurs jusqu'aux X-men. Et là, avec sa mise en scène fluide et inspirée, en utilisant la nature comme refuge et cette approche fantastique loin des images de blockbusters américains, il vise extrêmement juste. Mieux, il touche à l'universel de par ces thématiques traitées avec une créativité confondante de beauté. Car ces animaux donc, ne sont pas du tout ridicules, ils sont non seulement crédibles mais ils sont beaux, là où oser ce type d'image était super casse gueule.


Thomas Cailley fait donc un retour triomphal après 9 ans d'absence avec ce film d'une créativité, d'une poésie extrêmement rares. Romain Duris est encore une fois excellent et très touchant et montre qu'il est un très grand acteur, aux intelligences de choix de films toujours bluffante. Dans le rôle de ce père tolérant, altermondialiste et surtout aimant, il nous bouleverse tout au long du film et nous tire des larmes chaudes car pas du tout baignées de pathos. L'autre thème du film, la filiation, est traité avec beaucoup de pudeur et de justesse. Son duo avec Paul Kircher fonctionne à merveille et les quelques scènes avec la géniale Adèle Exarchopoulos amènent leur lot d'humour et de simplicité. Car oui, en plus d'être beau, surprenant, d'embrasser de telles thématiques avec autant d'efficacité et de naturel, le film est souvent drôle.


Le règne animal est une fable d'anticipation au souffle romanesque, dont le charisme des acteurs et la force des images et du récit font qu'on se dit qu'on a vu un chef d’œuvre.


Et c'est un miracle car dans ce genre de science-fiction, qui plus est en France, on pouvait difficilement s'y attendre.


Courez vous rendre voir ce petit bijou d'une confondante beauté, il vous marquera à coup sur.


La piste aux Lapins :




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