Die My Love
- Blanc Lapin
- il y a 18 heures
- 2 min de lecture
De Lynne Ramsay

Grace et Jackson fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule.
Après un long silence depuis "A beautiful day" en 2017 et le prix d'interprétation pour Joaquin Phoenix, On se souvient de son génial "We need to talk about Kevin", Lynne Ramsay revient avec un thriller psychologique où Jennifer Lawrence incarne une femme perdue dans ses tourments intérieurs et mariée au personnage de Robert Pattinson. Jennifer Lawrence incarne une femme perdue dans ses tourments intérieurs, piégée dans une spirale de violence et de culpabilité. Ramsay est l'une des plus grandes réalisatrices au monde mais c'est une diva et elle a sauté de projet en projet durant 6 ans au moins avant de revenir.
Difficile de ne pas ressortir épuisé de Die, My Love, mais pas forcément pour les bonnes raisons. Là où Lynne Ramsay cherche manifestement à traduire le chaos intérieur de son personnage, le film s’enlise dans une mécanique répétitive, presque mécanique justement, faite d’explosions émotionnelles à répétition. Cette succession de crises finit par tourner à vide : au lieu de creuser la psyché, elle use le spectateur, jusqu’à provoquer une forme de lassitude, voire d’agacement.
Le rythme, constamment sous tension, devient rapidement harassant. Sans respiration, sans variation, le récit donne l’impression de marteler les mêmes affects encore et encore, au point de perdre toute progression dramatique. On regarde moins une trajectoire qu’un enchaînement de débordements, ce qui rend l’ensemble pénible à suivre — au point de décrocher et de surveiller le temps qui passe.
Même le jeu des acteurs, pourtant engagé, peine à sauver l’ensemble. Si Jennifer Lawrence s’investit corps et âme, son interprétation finit par sembler forcée, enfermée dans une hystérie permanente qui empêche toute nuance. Quant au personnage incarné par Robert Pattinson, il manque cruellement de crédibilité : ses réactions paraissent décalées, parfois artificielles, comme si le film ne savait jamais vraiment comment le positionner face à la dérive de sa compagne.
À cela s’ajoute une mise en scène qui, sous couvert de radicalité, accumule les effets appuyés — travail sonore envahissant, symbolique lourde, esthétisation outrancière — sans jamais parvenir à donner du sens à cette débauche formelle. Le résultat ressemble davantage à une démonstration épuisante qu’à une véritable exploration sensible.
Au final, Die, My Love donne l’impression de tourner en rond dans son propre dispositif : un film bruyant, répétitif et éprouvant, qui confond intensité et saturation, et qui finit surtout par fatiguer plus qu’il ne bouleverse.
La piste aux Lapins :




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