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Le diable s'habille en Prada 2

De David Frankel



Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable.


Sans jamais retrouver tout à fait le mordant qui avait fait le sel du premier film, Le Diable s’habille en Prada 2 joue la carte d’un retour à la fois séduisant et plus assagi. Cette suite, loin d’être indispensable, tente de conjuguer nostalgie et évolution, en assumant le temps qui passe autant pour ses personnages que pour son univers. Le résultat oscille entre hommage appliqué et relecture plus contemporaine, notamment lorsqu’il s’aventure du côté d’un regard critique sur les dérives d’un journalisme soumis aux logiques économiques.


Le film surprend parfois là où on ne l’attend pas, en glissant derrière ses atours de comédie élégante une réflexion plus sérieuse, presque engagée, sur la liberté de la presse. Mais cette ambition se fait au détriment de l’ironie cinglante et de la cruauté jubilatoire qui caractérisaient l’original. L’humour, plus discret, fait mouche par intermittence, sans jamais retrouver la même efficacité.


L’évolution du personnage de Miranda Priestly, montrée sous un jour plus fragile, apporte une touche d’émotion inattendue, même si elle contribue aussi à adoucir l’ensemble. Porté par un casting toujours aussi solide — avec notamment Meryl Streep en figure centrale — le film s’appuie largement sur ses interprètes pour compenser un scénario parfois convenu, qui reprend une structure familière sans toujours la renouveler.


Visuellement, le long-métrage assume son goût pour le faste et le clinquant, flirtant parfois avec une esthétique proche de Emily in Paris, entre défilés stylisés et glamour appuyé. Ce vernis luxueux, associé à quelques dialogues bien sentis et des seconds rôles savoureux, permet de maintenir l’intérêt, même si l’ensemble peut donner une impression de déjà-vu.


Au final, cette suite fonctionne surtout comme un prolongement confortable : un divertissement élégant, porté par ses acteurs et son univers, mais qui troque une partie de son irrévérence contre une approche plus consensuelle, au risque de perdre ce qui faisait autrefois toute sa saveur.


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