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The Tree of life

De: Terrence Malick avec Sean Penn et Brad Pitt


Le pitch : Jack grandit entre un père autoritaire et une mère aimante, qui lui donne foi en la vie. La naissance de ses deux frères l'oblige bientôt à partager cet amour inconditionnel, alors qu'il affronte l'individualisme forcené d'un père obsédé par la réussite de ses enfants. Jusqu'au jour où un tragique événement vient troubler cet équilibre précaire...


Terrence Malick est attendu pour ce long métrage tel le messie, le film ayant mis cinq ans à sortir des tiroirs et 35 à sortir de sa tête. Malick est un réalisateur rare et culte, respecté de tous pour son intégrité jusqueboutiste et son amour de la nature, pour la quasi perfection de ses œuvres, des "moissons du ciel" au "nouveau monde".


Son film a été accueilli par des sifflets lors de sa projection cannoise, symbole d'une attente cinéphile un peu trop forte et d'une réaction des critiques toujours aussi imbécile. On aime brûler ses icônes, quitte à le faire sans réfléchir.

Il faut dire que son film s'avère être d'une naïveté confondante, d'un lyrisme appuyé par une bande-son aux cœurs angéliques qui peut faire sourire pour un peu qu'on regarde son travail d'un air narquois.

Des chuchotements de phrases philosophico-religieuses ponctuent un récit au final ultra croyant en un dieu, EN un créateur, en cette nature si belle et si fragile. Un film qui rendra donc réfractaires les personnes athées et plus sensibles les croyants et les agnostics.


La mise en place de l'histoire est assez longue via une succession de tableaux de toute beauté sur la création du monde, comparable forcément à l'introduction culte de "2001, l'Odyssée de l'espace" de Stanley Kubrick où l'on voyait des singes découvrir l'utilisation de l'outil et envoyer un os en l'air qui se transformait en vaisseau spatial.


Le film est déroutant à bien des titres. On est chez du pur Malick, son film le plus personnel, qu'il couve depuis qu'il a 30 ans, une ode à la nature et à la magie de la création, de l'évolution, de la vie et une relativisation des codes sociaux au regard de l'immensité de cette nature. L'homme et sa fierté, son égo, est bien peu de choses et passe à côté de l'essentiel.


Terrence Malick arrive à capter la construction d'un individu, d'un caractère par des sons et des images découpées de la vie quotidienne d'un jeune garçon des années 50. On le voit avec ses deux frères, sa mère douce et soumise et son père dur et soucieux d'élever des trois garçons à la baguette car la vie est pour lui une lutte où seuls les forts s'en sortent. Tiraillé entre les deux, entre la force et la douceur de cette même nature qui l'a créé, son père et sa mère, il va adorer l'une et détester l'autre avant d'en accepter la dualité, d'accepter la violence et la cruauté du destin, et de se tourner vers la foi en la création comme seul véritable réponse au sens de sa vie. "Père, mère, je vous porte en moi" déclare Jack. Un beau résumé du film, un film sur l'acceptation de ses racines, et leur dépassement, qui est le sens même de l'évolution, au sein d'une espèce, au sein d'une vie d'homme, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, tout est question de cycle.


Les critiques cannoises ont donc pour partie sifflé le film, ce qui n'a rien d'étonnant et ce qui s'avère même rassurant. Soit ils n'ont rien compris soit ils ont joué de leur cynisme. Il m'est impossible de parler de bon ou de mauvais film et encore moins de chef d’œuvre. "The tree of life" est typiquement le genre de film à revoir et à murir car il est à la fois ultra simple et ultra dense. Il touche à quelquechose d'universel tout en empruntant des messages qui peuvent sembler faciles car pompeux tant dans leur énoncé que dans leur imagerie.

La narration ou l'absence de narration est donc la clé de voute de ce poème, de cette prière qui divisera encore longtemps les critiques. Les sentiments humains sont passés en revue, de la colère, du questionnement, du doute, de la compréhension et de l'acceptation du divin. Un vrai parcours spirituel vers Dieu.

La mise en scène est sublime, les plans séquences contemplatifs, la photographie impeccable. Malick reste humble face à son propos. Son oeuvre est inclassable et lumineuse, de l'éveil à la mort tout comme à l'amour.

Il nous donne à voir un questionnement sur le sens de la vie et de l'évolution. Pourquoi connaitre tant de sentiments variés si c'est pour mourir de façon aussi rapide et vivre de façon aussi éphémère qu'un être moins évolué et moins doté de cette intelligence ? A quoi sert alors cet aboutissement supposé qu'est l'homme ? Pour en apprécier la fragilité, et optimiser cette vie en aimant son prochain, seule façon d'être heureux nous dit Malick.


Que dire du choix des acteurs, outre les deux monstres que sont Brad Pitt et Sean Penn, muet, le jeune Hunter McCracken a un visage incroyable. Jessica Chastaing qui joue sa mère donne tout la pureté qui sied à son personnage.


Si Malick se permet même des délires visuels non expérimentés auparavant, de la lévitation d'un personnage à l'utilisation d'une chambre d'enfant comme tombeau englouti, toutes ces métaphores prennent grâce au milieu de ces longues déclarations d'amour à la vie. Le cinéma de Terrence Malick est sensoriel et puissant, unique comme son auteur.

La piste aux Lapins :


















































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