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The Killer


De David Fincher



Après un désastre évité de justesse, un tueur se bat contre ses employeurs et lui-même, dans une mission punitive à travers le monde qui n'a soi-disant rien de personnel.


The Killer est du pur Fincher, précis, clinique, obsessionnel à l’image de son personnage principal qui raconte en voix off sa méthode pour exercer son métier, tueur à gage, sans fautes. Le manque d’empathie du personnage pourtant laissé à la dérive suite à un loupé de contrat, aurait pu rendre le film froid et distant. Mais le grand maître qu’est David Fincher n’oublie jamais l’humour ou le jeu qu’il aime entretenir avec son public. Certes le film a tout pour être un film d’action tendu mais il choisit de déjouer en permanence les attentes du public, avec une longue introduction parisienne où il fait toucher du doigts la patience répétitive et l’ennui du personnage, tout en distillant un regard cynique voire nihiliste qui se diffusera tout au cours du long métrage rappelant ma noirceur existentielle de Seven et Fight Club. Puis l’action déboule à des moments inattendus, violente et brutale, ultra réaliste et vient faire le job d’un film qu’on pourrait considérer comme mineur dans la filmographie du réalisateur de Seven, Fight club, Zodiac, The Social Network, Gone Girl ou coté séries House of cards et Mindhunter. Or il n’en est rien, le film continuant à rester en tête par ses images fortes, son climax très particulier et évidemment le jeu excellent d’un Michael Fassbender dans l’un de ses très bons rôles, lui qui se fait rare depuis cinq ans.


Fincher montre aussi un monde ultra connecté qui jette ses déchets et zappe ou scroll sur la séquence de vie suivante sans s’attacher véritablement au passé et sans prendre le temps de l’introspection. Son personnage agit ainsi de façon mécanique mais n’a pas véritablement de sens à son existence. Comme si le contrôle de tout pouvait donner du sens là où il créé souvent une forme de fragilisation des fondations du quotidien dès lors qu’un grain de sable vient perturber la machine. Ce regard froid sur une humanité qui l’est tout autant ne manque pas du cynisme légendaire que l’on connaît de ce grand maitre des 30 dernières années de cinéma qu’est David Fincher.


La grande classe de mise en scène de David Fincher éclate à chaque plan dans un film à la fois radical sur un tueur méthodique ultra maîtrisé comme Fincher a la réputation de l’être. Ce dernier va dérayer et tenter d’arrêter un système de destruction intrinsèquement programmé comme tel en agissant lui même avec une rigueur flippante et froide pour tout « nettoyer » avec perfection. Évidemment on pense au maitre qu’est Fincher et a sa réputation de tout préparer comme un métronome avec un souci du détail incroyable qui se traduit dans l’effet que provoque sa mise en scène sur le spectateur. Et c’est juste brillant.


La piste aux lapins :



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