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The green hornet

De: Michel Gondry


Le "Frelont vert" est l'adaptation d'une série télévisée de 1967 dans laquelle Bruce Lee interprétait Kato, le fidèle compagnon d'un super-héros appelé "the green hornet". La série était très limitée en moyens et n'est pas franchement restée dans les mémoires pour ses qualités scénaristiques ou visuelles.


Que les fans du français farfelu se rassurent, Michel Gondry a certes réalisé un blockbuster hollywoodien mais, oh miracle, il n'a pas été dilué dans le formatage assez fréquent auquel certains auteurs sont soumis avec de tels budgets.


En effet, Gondry conserve son style, son amour du bric à brac de petites trouvailles de carton patte et de tuning de vieux pour faire du neuf, comme dans "Soyez sympas, rembobinez !" ou "la science des rêves". La poésie de "Eternal sunshine of the spotless mind" ou "la science des rêves" n'est en revanche plus présente, car ici le film est avant tout là pour nous faire rire. Et c'est réussi. Seth Rogen et Jay Chou forment un duo détonant, la placidité de l'acteur asiatique étant parfaite face à la bouffonnerie de l'anti-héros. Et c'est aussi là que le film est intéressant, il ne s'agit pas de supers-héros avec des supers pouvoirs mais plutôt de grands ados geeks élevés à la culture du comic book, qui rêvent de devenir justiciers non pas pour faire la justice, car ils n'ont aucune conscience politique, mais pour le fun, pour passer à la télé, pour se taper la belle blonde de service. On est à fond dans la culture d'aujourd'hui du paraitre et du manque de sens d'une certaine jeunesse dorée et consumériste. Gondry utilise les codes seventies de la série télévisée des années 70 dont le film est issu ou le design des couvertures de comic book des années 60 et 70.


On suit ainsi des anti-héros qui ont du bol et dont l'un est complètement nul et l'autre brillantissime. Le fidèle compagnon du héros est le seul qui ait du talent mais il n'a pas d'argent, il est chinois et il est l'employé, à faire du café pour son patron notamment. Bref, le fils de riche s'offre un costume et une vie de super-héros mais il relègue l'autre à un rang inférieur car lui est occidental, fortuné et que cette vision très américaine du monde lui semble juste évidente. Gondry en profite donc pour se foutre un peu de la gueule de cette culture qu'il adore pourtant avec un gentil second degré très acidulé.

Les trouvailles visuelles sont au service d'un film fun et sans aucune autre prétention que de faire rigoler sur la base d'une culture pop que toute la génération des trentenaires a forcément en tête, élevée aux séries télévisées de ce style, où le cheap était juste une contrainte technique et devient ici une marque de fabrique branchée d'une adolescence ou d'une enfance idéalisée.

Christopher Waltz, le grand méchant d'Inglorious Basterds, reprend un autre rôle de méchant déjanté et prouve à nouveau qu'il peut faire rire avec un look totalement différent et une classe toujours aussi évidente. A noter que James Franco fait une apparition hilarante au début du film.

Mais pourtant, Gondry tombe dans le même piège que "Soyez sympas, rembobinez !", il s'endort quelques peu sur ses bonnes idées de départ pour laisser filer le film et le scénario sur des roulettes en dépensant tout son budget dans des cascades très efficaces mais qui finissent par donner un sentiment amer d'accumulation et de film pas totalement abouti. J'aurais aimé qu'une fois après m'avoir séduit durant 1h15, il ne se contente pas de poursuivre par un film d'action rigolo certes mais où seule la prouesse technique l'emporte.


"Soyez sympas, rembobinez !" m'avait ainsi un peu ennuyé passé 3/4 d'heure et je m'étais dit qu'il ferait un bon moyen métrage mais que l'idée de départ avait été trop étirée et la fin bâclée. Ici c'est la même chose si ce n'est que ce sentiment n'apparait que plus tard dans le film. Dès lors, je suis ressorti plutôt avec le sourire aux lèvres et l'impression d'avoir passé un bon moment, avec cette petite frustration quand même d'avoir en face de moi un réalisateur brillant un peu flemmard.


Je préférais "la science des rêves" ou "Eternal sunshine" dont l'aspect plus confus, poétique et nostalgique permettait à l'ancien clipeur de Björk de cacher plus facilement les faiblesses de scénario, jouant à fond sur le coté artisanal et sympathique de l'entreprise. Je ne doute pas que Michel Gondry arrivera un jour à un film grand public totalement fidèle à son originalité et qui soit réussi de bout de ficelle en bout de ficelle. Ce n'est pas le cas du "Frelont vert" qui reste cependant une réussite dans son genre, un excellent moment mais pas le petit bijou qu'il aurait pu atteindre. La prochaine fois Michel ?


La piste aux Lapins :






















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