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Super 8

De: J.J. Abrams


Avec « Super 8 », JJ Abrams revient deux ans après son reboot de « star trek » et toujours avec l’aura de ses succès télé « Lost » et « Alias ».

Son film confronte une bande de gamins passionnés de cinémas et déterminés à tourner un film de zombies avec une caméra super 8, à un évènement incroyable, le déraillement d’un train et les mystérieuses conséquences qui vont s’abattre sur leur ville.


Le producteur du film est Steven Spielberg, dont Abrams est un grand fan et qu’il considère comme son exemple, son maitre à penser dans le cinéma de grand divertissement avec de gros effets spéciaux. Et il est vrai que JJ Abrams utilise depuis toujours les mêmes procédés que le pape du blockbuster, celui qui donna même le nom à ces films sortis en plein été avec « les dents de la mer ». Il récidiva avec « Et l’extra-terrestre », « rencontres du troisième type » puis ne cessa d’aligner des hits, de Indiana Jones à « Jurassic park » en passant par « Minority report » ou « la guerre des mondes ». Spielberg est un étalon de succès puisqu’il produit et réalise ce qu’il veut, les projets les plus fous depuis près de 45 ans, avec toujours le succès au box-office, quel que soit le budget, et surtout, une régularité d’horloger, ce dernier sortant un film très lourd à produire en moyenne tous les 18 mois.

Ca fait rêver et JJ Abrams a clairement voulu rendre hommage à son mentor en filmant son blockbuster à la mode des années 80, même ambiance, même montée en puissance de la tension, même exposition des personnages, même générosité des effets spéciaux, même naïveté dans l’entertainment.


Sauf que son film ressemble justement aux productions Spielberg des années 80 et pas les plus fines, d’un point de vue scénaristique, justement. Rendre hommage c’est bien, mais réaliser un film que l’on a déjà vu cent fois, c’est moins bien, c’est même chiant, très chiant. Alors il est vrai que les gentils n’enfants n’ont pas de gentil toutou ou d’ami noir à sacrifier. On a évité ce cliché que des Michael Bay ou des Roland Emmerich étalent comme de la confiture. En revanche, tous les autres sont réunis pour mon plus grand désarroi, avec un premier lieu le sirop, les bons sentiments qui m’ont toujours gonflés chez certaines productions Spielberg.


Entendons nous, JJ Abrams est ultra doué pour la mise en scène, comme papy Steven. Spielberg a prouvé qu’il savait réaliser des films adultes comme « la liste de schindler » et « Munich » ou de pur divertissement fun et intelligents comme les aventures d’Indiana Jones, Minority report, « Arrêtes moi si tu peux » et bien d’autres. En revanche il patauge en général dans le pathos dès qu’il s’agit de sentiments. Il confond sentimentalisme avec émotion. « La couleur pourpre » donne envie de baffer Woopy Goldberg, pourtant déjà bien frappée à l’écran. « Amistad », sur l’esclavagisme, est un puit de consensualisme bien pensant. Et que dire de « E.T l’extra-terrestre » ou de la fin de « A.I., Intelligence Artificielle » qui ont failli me provoquer une overdose de niaiserie à force de verser dans le lacrymal. Spielberg rate souvent ses fins à cause de ce défaut majeur.


Ici, JJ Abrams rate non seulement l’essentiel du film par ce saupoudrage permanent mais en plus il se plante sur le côté action en copiant des formules éculées, inventées certes par Steven Spielberg mais digérées depuis par des cinéastes plus jeunes. Dès lors le film semble daté et vieillot au fil du visionnage. A quoi servait il de produire ce mausolée du plus mauvais de la filmo de Spielberg ? A m’énerver peut être. Surtout que l’on compare d’autres films de monstres récents comme l’excellent « the host » du coréen Bong Joon-ho, qui lui a su s’inspirer de ses prédécesseur pour faire autre chose, insérer une vraie réflexion sociétale, un véritable humour décalé.

Bref, cette histoire de club des cinq contre ET fait plus penser à un reboot raté des Goonies qu’à un bon film d’aventures familial. J’aimerais juste savoir ce que les critiques dithyrambiques qui ont porté aux nues ce navet ont pris comme substances illicites pour voir le film. Ceci m’intéresse véritablement. Car pour trouver de la nostalgie, « un équilibre idéal entre la comédie d’aventures, le film de monstres et le drame psychologique », « Une déclaration d’amour au cinéma, mais surtout à l’enfance », « un cinéma classique et merveilleux, sans ironie ni double détente », « son film le plus personnel », » la justesse du regard enfantin et le génie fétichiste insufflant de la mélancolie » ou celle-ci de Paris Martch « Le réalisateur de Star Trek a réussi un blockbuster d’auteur »…et bien moi je vous demanderais chers critiques, c’était de la bonne au moins ?

Ce qui m’agace donc c’est qu’on associe l’enfance à une période gnangnante et concon en gros. L’idée de départ de ces petits cinéastes en herbe est bonne. C’est le traitement qui est affligeant. Comme un papy qui gatouille devant un gamin. La même vision aseptisée de vieux qui ont décidément perdu leur âme d’enfant.


Bref, très mauvais, n’y allez pas ou en ayant mangé des champignons hallucinogènes. Et encore, pas sûr que ceci ne vous plombe pas les effets.


La piste aux Lapins :










































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