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Source Code

De: Duncan Jones


Le pitch : un jeune homme se réveille dans un train à destination de Chicago et ne se souvient de rien, et surtout pas de la superbe jeune femme qui lui parle comme si elle était sa petite amie. Au bout de huit minutes, une bombe explose et détruit le train mais plutôt que de mourir, l'homme se réveille enfermé dans un caisson et interrogé par une militaire, que se passe t-il et qui est il réellement ?


Duncan Jones s'est fait remarquer l'an dernier avec son excellent premier film, "Moon", où Sam Rockwell démontrait tout son talent de comédien caméléon au milieu d'un scénario très malin, isolant un individu sur une station lunaire. Avec un seul acteur, Jones parvenait à rendre hommage à de la très grande SF, 2001 en tête, tout en instaurant un climat partagé entre la tension habituelle des "Alien" et la nostalgie, la réflexion sur la condition humaine que les grandes œuvres de SF réussissent à atteindre. Pas étonnant qu'il souhaite rendre hommage à "Blade Runner" pour son troisième long métrage.


Mais pour ce qui est de "Source code", il confirme son talent et prouve qu'il peut passer à la vitesse supérieure, avec un budget plus important et sur un format plus grand public.

Certes, "Source code" fait penser à un thriller de SF ultra efficace, bien écrit, sans temps morts, sans clichés et rappelle le classique comique avec Bill Murray, "un jour sans fin".


La réalisation de Duncan Jones n'est pas non plus extrêmement originale ni axée sur des effets de style, contrairement à ses aînés qui se son illustrés dans le genre ses dernières années, que ce soient des David Fincher ou des Danny Boyle, grands formalistes de l'image. Non, le fils de David Bowie serait davantage un héritier direct des grands réalisateurs des années 70, les Sidney Lumet, Robert Altman, Scorcese, Coppola, De Palma...A savoir moins d'effets visuels mais un travail de mise en scène tout aussi fin.

Duncan Jones poursuit donc son hommage aux films de SF avec respect et un travail soigné. Mais il se base aussi sur un acteur excellent, Jake Gyllenhaal, qui s'était un peu perdu ses dernières années notamment dans les sables du temps de Prince of Persia. L'acteur de "Brokeback mountain", "Zodiac", "Jarhead" et "Donnie Darko", vieillit bien. Son visage plus affuté sied bien à son regard aussi vif et troublant que celui d'un Cillian Murphy. Une génération d'acteurs au physique particulier et au regard incroyable qui crève l'écran et du charisme, tout simplement.


Duncan Jones signe donc un bon film de divertissement, moins complexe que d'autres films du même genre comme "l'armée des 12 singes" mais qui n'a pas à rougir du résultat. il ne s'est pas fait bouffer par la machine hollywoodienne qui lisse hélas parfois les jeunes talents lorsqu'ils sont happés trop vite. Il reprend la thématique de l'isolement, de la manipulation d'autres individus pour atteindre un but caché, de la quête d'identité et du sacrifice de "Moon", sur une partition axée sur l'action. Le film n'a rien de paranoïaque, il est au contraire détaché et pessimiste sur l'organisation d'une société humaine, qui laissera toujours certains concepts de conscience et d'éthique au placard pour la sauvegarde d'une entreprise, du plus grand nombre voir de l'espèce.


Un cynisme qui se cache derrière des masques de vertu mais qui s'avère bien réaliste et transposable au quotidien. C'est à ceci que l'on reconnait si un film de SF vise juste. Lorsque le fond se dégage du côté ludique en fin de film. De quoi attendre avec impatience la suite, lui qui fait la fine bouche devant certains projets comme "Wolverine 2", préférant réaliser un film de SF plus personnel.


Un signe d'indépendance dont son papa peut être fier.


La piste aux Lapins :








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