Sacrifice
De Romain Gavras

Lors d'un gala de charité sur une île grecque, un acteur de cinéma en perte de vitesse décroche le rôle de sa vie lorsqu'une secte apocalyptique le prend en otage.
Un acteur sur le déclin, une île grecque paradisiaque et une secte persuadée que la fin du monde approche : Romain Gavras réunit Chris Evans, Anya Taylor-Joy et Salma Hayek dans une comédie noire au point de départ aussi improbable que réjouissant. Lors d'un prestigieux gala contre le réchauffement climatique, une élite de bourgeois privilégiés, premiers pollueurs de la planète, vient se donner bonne conscience avant d'être prise en otage par des écoterroristes complètement illuminés, convaincus qu'un sacrifice est nécessaire. Au milieu, Mike, un acteur en manque d'amour dont la carrière bat de l'aile, prêt à se ranger de n'importe quel côté du moment que cela lui est utile, et pour qui cette situation absurde pourrait devenir le rôle de sa vie.
Le film annonce très vite la couleur : c'est barré, excessif, et il faut accepter cette règle du jeu dès le départ. Le problème comme souvent chez Romain Gavras est que la forme prend le pas sur le fond, car quel message veut il laisser passer avec cette secte de terroristes ecolo? Le film ne se moque pas du tout des activistes écologistes contrairement à ce que j’ai pu lire mais il n’a pas non plus de message propre. Personne n'est épargné : entre le cynisme des ultra-riches et la folie furieuse des radicaux, Gavras tape mais on ne voit pas bien ce qu’il vise réellement et son propos est tout aussi brouillon que son précédent film, déjà pour Netflix, l’iregardabld Athena. Visuellement, le long-métrage en impose : carrières de marbre, grottes rocheuses, grands angles qui réduisent les personnages à des êtres minuscules face à l'immensité qui les entoure. Mais ça se gâte par la suite. Après une première partie très moqueuse et amusante, l'histoire part en vrille au bout de trente minutes, devient pompeuse, surréaliste comme un trip, affreusement peu rythmée et remplie de longueurs. Gavras ne donne pas d'identité claire à son film et se contente de dénoncer timidement, laissant l'impression d'un film révolutionnaire qui ne l'est pas du tout. Ni un navet, ni un chef-d'œuvre. Un joyeux délire assumé, bien incarné et visuellement très soigné, mais un tout un peu vain, dont on reste sur sa faim et qui risque d'être vite oublié.
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