The Social Reckoning
De Aaron Sorkin

Le film s'inspire de l'histoire vraie de Frances Haugen, une jeune ingénieure chez Facebook, qui sollicite l'aide de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête pleine de dangers qui les mènera à révéler au grand jour les secrets les mieux gardés du puissant réseau social.
Avec The Social Reckoning, Aaron Sorkin, scénariste de The social Network, prolonge l’exploration des zones d’ombre de Facebook dans un thriller d’investigation qui ausculte les conséquences politiques et sociales d’un empire numérique devenu incontrôlable. En s’appuyant sur des révélations journalistiques, le film met en lumière les mécanismes de désinformation, la propagation de la paranoïa et les menaces que les réseaux sociaux font peser sur le débat démocratique. L’ouverture, particulièrement saisissante, montre comment un événement en apparence anodin peut alimenter une spirale de suspicion et de radicalisation. Au centre de cette démonstration, Mark Zuckerberg apparaît comme un dirigeant imperturbable, dont la certitude d’agir légitimement rend les dérives du système encore plus inquiétantes. Mikey Madison et Jeremy Allen White apportent une réelle intensité à cette plongée dans les coulisses de la Silicon Valley, tandis que le film souligne aussi le rôle indispensable d’une presse indépendante face aux géants technologiques.
Difficile, toutefois, d’échapper à la comparaison avec The Social Network de David Fincher, dont la mise en scène nerveuse et inventive avait donné une ampleur exceptionnelle à cette histoire. Plus classique dans sa réalisation, Sorkin privilégie la clarté de l’argumentation et l’efficacité du scénario, au risque de désamorcer le suspense et de rendre certains développements répétitifs. Son approche parfois démonstrative peine également à traduire le chaos d’une époque dominée par les flux numériques et la manipulation de l’information. Moins brillant que son prédécesseur, The Social Reckoning n’en constitue pas moins un réquisitoire utile contre l’irresponsabilité des puissances numériques et une réflexion salutaire sur les dangers d’une société où l’influence se confond trop souvent avec l’impunité.
La piste aux lapins :




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