La Gradiva
De Marine Atlan

Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir et la colère jusqu’à s’y abandonner complètement.
Pour son premier long-métrage, récompensé à la Semaine de la Critique, Marine Atlan suit une classe de lycéens en voyage scolaire à Pompéi, sous la houlette de leur professeure, Mme Mercier. Le contraste est fécond : d'un côté, une cité figée depuis deux millénaires, ses vestiges et ses silhouettes saisies par la lave ; de l'autre, des adolescents encore mouvants, inquiets, pas tout à fait sortis de l'enfance.
Globalement, le pari est tenu. Le film capte avec justesse le malaise d'une génération à qui l'on transmet un monde abîmé : un climat qui se dérègle, un État qui semble ne plus savoir gérer ses ressources, un avenir qui se dérobe. Ces jeunes visitent des ruines antiques tout en pressentant celles qui les attendent. L'inquiétude qui se dégage est moins intime que collective, et c'est sans doute là ce que le film réussit de plus fort, en évitant le piège de l'étude sociologique comme celui des clichés du film de lycée.
Pourtant, quelque chose m'a tenu à distance. Le choix d'interprètes non professionnels apporte une vérité indéniable, mais il montre aussi ses limites : la dimension presque documentaire, si précieuse par moments, finit par peser lorsque le récit s'étire et peine à dire où il nous mène. Saisir des instants de vie au seuil de l'âge adulte, c'est déjà beaucoup, mais il m'a manqué une ligne directrice, un propos plus affirmé. Le dispositif, à force de retenue, m'a parfois privé d'émotion.
Reste un récit d'apprentissage délicat, fidèle à une certaine tradition du cinéma d'auteur français, et la révélation d'une réalisatrice au vrai talent visuel. Une œuvre estimable, mais un peu sur vendue par la critique professionnelle pour qui, comme moi, attend d'un film davantage de cap et de sens.
La piste aux lapins :




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