Le Mage du Kremlin
- Blanc Lapin
- 25 janv.
- 2 min de lecture
D’Olivier Assayas

Russie, dans les années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov, trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine.
Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia, femme libre et insaisissable, incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination.
L’adaptation du Mage du Kremlin par Olivier Assayas se distingue par sa rigueur et son ambition intellectuelle, même si elle n’est pas exempte de limites. D’une grande fidélité au roman de Giuliano da Empoli, le film adopte une mise en scène volontairement classique, parfois très bavarde, s’appuyant sur la voix off et les flashbacks pour retracer trois décennies de bouleversements politiques en Russie post-soviétique. Cette densité narrative peut freiner l’émotion et l’incarnation des personnages, mais elle nourrit un regard analytique d’une rare précision sur les mécanismes du pouvoir, la manipulation des masses et les jeux d’influence internationaux.
Porté par une atmosphère froide et tendue, le film trouve sa force dans l’interprétation de ses acteurs. Paul Dano campe avec sobriété et ambiguïté ce stratège de l’ombre, tout en contrôle et en fragilité, tandis que Jude Law s’efface derrière une figure de Vladimir Poutine glaçante, presque minérale. Leur duo donne corps à un récit qui dépasse le simple portrait politique pour devenir une réflexion sur la dérive autoritaire et le cynisme des régimes contemporains. Malgré quelques faiblesses d’incarnation et une profusion de dialogues, le film s’impose comme un thriller politique dense, éclairant et profondément actuel, dont la portée dépasse largement le seul cadre russe.
La piste aux lapins :




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