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Le grand soir

De: Gustave Kervern et Benoit Delépine




Gustave Kervern et Benoit Delépine ont depuis 10 ans réussi à s'émanciper de leur célèbre Grosland et à créer un style propre de cinéma social, fortement influencé de celui d'Aki Kaurismäki.

Leur film le plus grand public et le plus généreux reste "Louise Michèle", rythmé et drôle de bout en bout. Leurs autres opus sont moins faciles d'accès que leur pitch ne le laisse présager.


"Mammuth" avec Depardieu avait ainsi des moments arides, des silences longs, déconcertants. Le film m'avait légèrement frustré par sa dynamique, que j'aurais souhaitée plus fluide.


Mais c'est leur style. Avec "Le grand soir", ils poursuivent cette construction scénaristique avec deux acteurs géniaux. Je rêvais de les voir un jour partager les premiers rôles. Benoit Poelvoorde n'est pas très drôle dans son personnage de vieux punk, il est surtout touchant. Le pétage de plombs jouissif est réservé à Albert Dupontel avec quelques pépites dans les répliques, dont certaines resteront probablement. Certaines scènes sont hilarantes, dont quelques perles avec la chanteuse Brigitte Fontaine en mère barrée des deux énergumènes. Bon, c'est vrai qu'elle n'a pas besoin de jouer, son phrasé suffit à vous envoyer loin loin dans l'espace.


"Le grand soir" est avant tout un film d'anars, de sympathiques militants, et ce n'est pas péjoratif. Disons que l'anti consumérisme étalé tout au long du film enfonce parfois des portes ouvertes et tourne un peu en rond au niveau du message. Le film n'a pas d'autre ambition que d'installer un constat, celui d'une classe sociale de gens paumés et avilis par leur cadis, leur boulot et leur médiocre vie. La vie c'est ça et rien d'autre, plus de place pour l'émancipation hors de ce schéma.

Le long métrage n'est pas là pour faire la révolution et proposer des alternatives aux personnages mais pour montrer deux individus qui s'extirpent du système, vivent à un rythme différent, et n'ont pas l'air moins déconnectés que ceux qui restent à l'intérieur. Pas moins heureux en tout cas. Ils sont libres, la liberté n'a pas un goût très bon mais au moins, ils l'ont choisie. Le rythme des personnages donne justement au film ce ton particulier, décalé et pas habituel, comme si parfois le temps était suspendu, comme si les deux se baladaient dans un décor.


Le film pourrait être vendu comme une comédie jouissive et grinçante mais c'est davantage une critique en creux, avec une belle tendresse pour ses personnages. Bref c'est un film de genre, le genre Delépine / Kervern, et ça fait du bien car c'est différent dans la narration. A défaut de déclencher chez moi l'enthousiasme que j'aurais attendu d'un film plus huilé, plus normé, ce film là a au moins du chien, du chien de punk certes mais une vraie identité. Et ça ce n'est pas donné à beaucoup de films.



La piste aux Lapins :

































































































































Terrence Malick

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