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"Armageddon Time" de James Gray - critique du Blanc Lapin

Dernière mise à jour : 6 janv. 2023















L’histoire très personnelle du passage à l’âge adulte d’un garçon du Queens dans les années 80, de la force de la famille et de la quête générationnelle du rêve américain.


James Gray est le maitre derrière les drames New-Yorkais que sont "little odessa", "la nuit nous appartient", "two lovers". Puis il s'est éloigné de New-York pour la grande aventure avec le très beau "The Lost City of Z", qu'il mis 10 ans à réussir à produire. Son film de science-fiction Ad Astra, permettait à Brad Pitt d'ajouter en 2019 un nouveau grand rôle après celui obtenu chez Tarantino deux mois avant (Once Upon a Time in Hollywood).


Après ses trois incursions dans des genres non contemporains (film en costume pour The Immigrant, aventures pour "The Lost City of Z" et Science-Fiction pour "Ad Astra"), James Gray revient à New York avec Armageddon Time pour ce film autobiographique qui suit l'éducation du réalisateur dans le quartier du Queens des années 80.


C'est son film le plus personnel et le plus tendre à travers le regard d'un enfant et une figure tutélaire qui était son grand-père joué par le magistral Anthony Hopkins.

Évidemment on ne peut qu'adhérer à ce personnage au crépuscule de sa vie qui va donner quelques leçons de morale bien sentie au petit pour lui apprendre ce que c'est que de résister face aux cons et face au racisme, à l'intolérance, qui ont fait fuir sa famille juive d'Ukraine au moment de l'arrivée des nazis.


Mais plutôt que de livrer une démonstration, James Gray filme de façon très classique, peut-être trop pour certains, la montée en puissance d'un conservatisme blanc intolérant, personnalisé par le propriétaire du lycée privé du Bronx où il a été scolarisé, un certain Fred Trump, le père de Donald Trump.


Anne Hathaway ou le génial Jeremy Strong (Succession) jouent les parents de ce gamin pas très docile qui s'intéresse plus à des sujets artistiques qu'à l'école et a un peu de mal avec l'autorité. Son amitié avec un jeune noir défavorisé permet au film de montrer ce racisme hypocrite et cette dualité de chances entre blancs et noirs sans pour autant être lourd ou bavard. Les choses s’insinuent peu à peu et forment un témoignage assez bouleversant d'une forme d'apprentissage des valeurs et de ce que c'est que d'être une personne intègre, ouverte d'esprit et pour qui la notion d'injustice signifie quelquechose.


Le film est mélancolique et pourtant tout en retenue sur les émotions ce qui rend certains passages d'autant plus bouleversants car incroyablement universels.


On voit dans cet "Armageddon Time" les prémices d'un basculement dans une Amérique moins insouciante et davantage repliée sur elle-même, où l'idéologie mettait en avant les battants en laissant de côté toute une partie de la population considérée comme d'une autre catégorie.

La finesse de la mise en scène et des messages impose de nouveau le respect et aboutit sur un grand film.


La piste aux lapins :




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