top of page

J'ai rencontré le diable

De: Kim Ji-Woon


Le pitch : Un agent secret recherche le serial killer qui a tué sa fiancée...


Kim Ji-Woon a engagé son fidèle acteur Lee Byung-hun, de tous ses films, sorte d'Alain Delon coréen époque "le samourai" et a confié le rôle du tueur à l'excellent acteur de "Old boy", Choi Min-sik, au visage impressionnant de violence, une tête de tueur qui vous glace le sang. Kim Jee-Woon m'avait jusqu'ici séduit avec "A bittersweet life" ou "deux soeurs", films hommages à un genre, le polar mafieux dans le cas du premier ou le thriller horrifique dans le second cas. Enfin il s'était planté sur "le bon, la brute et le cinglé", ode aux westerns spaghetti mais avec des cow boys asiatiques. Tout y était et sa mise en scène était impeccable. Sauf qu'au final on préfère l'original à la copie, Sergio Léone à un fan asiat ultra doué.


Avec "J'ai rencontré le diable", le réalisateur franchit une étape, une maturité dans son art. L'ensemble des festivals qui l'ont accueilli lui ont rendu un accueil à la hauteur de la qualité du film, esthétique certes mais surtout qui fait montre d'une patte, contrairement à ses précédents films, bien trop référencés.


Et pourtant, tous les codes du film d'horreur sont là ainsi que l'absence de retenue du cinéma coréen. Il se lâche l'animal. La violence du long métrage est assez insupportable par moments et le film n'est pas à montrer aux âmes sensibles. Le sang gicle de partout, certaines scènes sont bien crades et choquantes et Kim Jee-Woon ne se refuse rien.


Mais il a l'intelligence de se baser sur un scénario classique et malin, sans aucune interruption de rythme, la spirale infernale n'ayant jamais de pause. Le flic poursuit un monstre qui ne sera jamais rassasié de crimes. C'est un homme mauvais, irrécupérable et d'une dangerosité hallucinante. Et pourtant le bon, l'homme blessé cherche à se venger, à faire sa catharsis en décuplant sa haine pour punir. Sauf que contrairement à un film à la Charles Bronson, le film a un but, un propos, un final, que je vous laisserai découvrir de vous-même.


C'est trash et certains scènes vous clouent au fauteuil de terreur mais c'est diablement efficace et plus profond qu'il n'y parait. C'est triste, c'est froid, c'est glauque mais c'est scotchant d'intensité. Kim Jee-Woon se permet même des touches d'humour dans les situations les pires.

"J'ai rencontré le diable" porte bien son nom tant les scènes de meurtres font froid dans le dos et nous rappellent que dans la vraie vie ce genre de détraqués existent. Mais la furie du vengeur n'est pas du tout esthétisée de manière différente, elle aussi gratuite et stupide, elle a aussi peu de justification raisonnée. Le contact d'un diable, d'un être sans aucune humanité rend t il mauvais ou ramène t il juste le poursuivant justicier à l'état de chasseur qui guette la bête...et se prend au jeu inhumain du bourreau car c'est un jeu enivrant. Il est plus facile de se venger que d'accepter que l'ordre et la justice légale s'accomplissent. La vengeance est l'acte basique et barbare de l'homme non soumis aux règles sociales et qui décide d'écouter sa haine naturelle plutôt que la raison. Kim Ji-Woon réussit donc, derrière l'apparente débauche de violence jouissive et écoeurante à nous pondre un bon plaidoyer contre la peine de mort. Et c'est ce qui est très très fort dans sa mise en abîmes et son traitement de l'évolution des personnages. Le mal pur est vraiment flippant et il est contagieux. Le film est excellent mais encore une fois soyez avertis du résultat à l'écran.


La piste aux Lapins :












































1 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout
bottom of page