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I love you Phillip Morris

De: Glenn Ficarra et John Requa avec Jim Carrey



Je déteste la plupart des comédies "gay" ou "gay friendly", qui tombent systématiquement dans la caricature de l'homo. Ce dernier est forcément joyeux, festif, extraverti avec plein de plumes de partout. Bref, que ce soit "in and out", "la cage aux folles" ou "pédale douce", je suis affligé à chaque fois.

Et bien ne vous fiez pas à l'affiche tape à l’œil du film qui montre un Jim Carrey et un Ewan Mac Gregor en "grosses pédales" flashies...


Le film raconte l'histoire vraie, ce qui semble d'ailleurs hallucinant, d'un homme ayant menti toute sa vie et fait des allers et retours en prison par amour pour un autre homme, Phillip Morris (Ewan Mac Gregor), rencontré en prison justement.


Si Ewan Mac Gregor est parfait en contre-emploi, d'une sensibilité désarmante, Jim Carrey nous livre là un festival de ce qu'il sait faire de mieux, alterner sans cesse entre pitrerie loufoque et tragédie bien sentie. Nombre de spectateurs n'apprécient pas Jim Carrey et ne voient en lui que l'interprète de "the mask" ou "dumb and dumber". C'est vraiment passer à côté d'un grand acteur que de s'arrêter là. Il l'a prouvé dans le magnifique "Man on the moon" de Milos Forman, ou dans "the truman show". Car en effet, l'homme au visage caoutchouc peut agacer par ses mimiques toutes les trois secondes si il n'est pas bien dirigé. Mais quand il rencontre un bon scénario et un réalisateur inspiré, ton talent éclate au grand jour.


C'est donc l'un de ses meilleurs rôles qu'il nous livre ici. Un rôle et une histoire proches de "Catch me if you can" (arrêtes moi si tu peux) avec Léonardo Di Caprio. L'histoire d'un gamin pour qui tout commence au mensonge d'origine de ses parents, qui l'ont adopté, fissure qui dictera toute sa vie, une vie de mythomane jusqu'à l'excès souvent très drôle. L'humour parfois bien trash a choqué l'amérique puritaine et a entrainé quelques difficultés de distribution du film. Il faut dire qu'on voit rarement ce genre de blagues homo sur grand écran. Mais justement, c'est là où le film est très fort. L'histoire n'a rien de communautariste, les personnages principaux auraient pu être hétéros, ceci n'aurait rien changé au fond.


L'intérêt principal du film réside dans cet individu clownesque mais sincère, qui se cache derrière divers masques de personnages afin de disposer d'assez d'argent pour rendre heureux l'homme qu'il aime. Seulement voilà, à force d'empiler des masques, le visage élastique devient de plus en plus rigide et quand ces derniers tombent il n'y a rien derrière...ou plutôt une histoire à écrire, un adulte à construire, juste un gamin qui a joué à être quelqu'un d'autre entre temps, juste l'espace de quelques dizaines d'années. Troublant.


Le film vous cueille au moment où il vous a conquis par le rire avec un sérieux de bon aloi. Non, ce n'est pas qu'une comédie, c'est bien davantage. Et l'ironie du long métrage est d'arriver à faire des pieds de nez aux clichés ou justement à les contourner habilement.

Bref, un parcours sans faute et une grande réussite que ce très original et gonflé "I love you Philipp Morris" ! Bravo aux jeunes réalisateurs, Glenn Ficarra et John Requa et pari réussi pour Ewan Mac Gregor et Jim Carrey. Ils peuvent en être fiers.


La piste aux Lapins :

















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