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Hunger games

De: Gary Ross


Voici donc le film qui nous est présenté comme le successeur potentiel de la franchise "Twilight" dans le cœur des adolescentes.


Autant dire que la promotion n'a pas entrainé un vif intérêt de la part de votre blanc lapin serviteur. L'adaptation des romans de Stephenie Meyer a failli provoquer chez moi un ennui proche de l’apoplexie tant la fadeur insondable de Twilight virait à une espèce de performance artistique. La définition d'un ensemble vide. Des films tous mous, sans odeur ni saveur et surtout avec des effets spéciaux assez nazes, amplifiés par une quasi absence d'action. Bref, "Hunger games" partait avec un sérieux handicap voir un handicap sérieux. Mais devant une presse plutôt enthousiaste et un record au box office US lors de son premier we d'exploitation, et bien j'y suis allé.

Bon, commençons par les aspects attendus de ce genre de production. Les gentils sont incroyablement gentils et les méchants ont super la haine et zéro conscience. Et puis des clichés avec la petite scène à la musique cucul ou celle où l'on verse une larme sont là. Le quota de couleur est respecté. Pas de gentil chien en revanche...Mais bon, je m y attendais. Pour le chien aussi...


En revanche la surprise vient de la violence psychique de l'histoire, sorte de mixte entre "1984", "the truman show" et "battle royale". Dans ce Hunger Games, on trouve la critique des média spectacles à outrance, de la téléréalité, où les candidats d'un télécrochet seraient remplacés par des ados qu'on oblige à s'affronter à mort. On pense à "Running man" avec Arnold Schwarzenegger.

On y trouve aussi une société kafkaïenne et totalitaire dirigée par une caste ultra privilégiée. Ou la mais serait on dans un film d'entrisme d'extrême gauche ? Jean Luc sort de ce scénario ! Non quand même pas. Léon Trotski peut rester bien allongé dans sa tombe, ce ne sont pas ces ptits cons boutonneux qui lui feront la nique. Mais ce léger parfum de fausse critique putassière est marrant en soit dans un tel blockbuster. On peut le lire comme un cynisme de plus ou se contenter du parfum. Enfin c'est plus fun que le "découchera / découchera pas" de Bella et de son vampire endive cuite. Et puis surtout, on voit quand même des gamins se défoncer le crâne et se tirer des flèches dans le bide, pour survivre. A ce titre, le film est très proche de "Battle royale" avec Takeshi Kitano. Deux différences majeures cependant. En premier lieu, le film japonais était profondément nihiliste, le survivant du jeu de massacre étant soit expulsé de la société soit amené à rejouer sa vie. Pas cool, pas d'espoir, noir c'est noir...


Et puis "Battle royale" était incroyablement violent et le sang giclait avec toute la retenue propre au cinéma de genre asiatique. "Propre" est le mot juste pour définir "Hunger games". On avance des aspérités, un cynisme de bon aloi mais bon faut penser à rester clean et autorisé pour tout public. Y a du fric en jeu ma bonne dame !


Et vous savez quoi ? Et bien ce n'est pas plus mal. Je m'en suis contenté. Vous savez, comme dans un parc d'attraction Disney. C est aseptisé mais c'est marrant. Les attractions grand huit sont dans le noir avec des jolis décors, ça fait moins peur mais c'est bien fait, du travail de pro. Bref, Hunger Games réussit la prouesse de livrer au public ce que le jeu mortel de l'histoire livre aux spectateurs de ce monde totalitaire et sans morale...à savoir un jeu voyeuriste suffisamment malin pour cultiver ce plaisir coupable. Un film sans temps morts, efficace dans son découpage et son montage. Pari réussi à défaut d'être mémorable.

La piste aux Lapins :




























































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