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Barbie

De Greta Gerwig




En confiant à Greta Gerwig, symbole d’un cinéma indépendant new-yorkais la réalisation de ce projet hautement improbable et casse gueule, Mattel a vu juste.


L’actrice de Frances Ha et réalisatrice de Lady Bird et Les filles du docteur March, a non seulement mise en scène le film Barbie mais en a co-écrit le scénario avec son mari réalisateur encore plus connu, Noah Baumbach.


La liberté donnée par Mattel se sentait dans l’excellente promotion du film qui en fait aujourd’hui l’un des plus gros succès de 2023 et va initier des suites et autres projets de films adaptés de jouets Mattel.


Mais le résultat est il à la hauteur de la hype autour du film? Disons que Ryan Gosling trouve l’un de ses rôles les plus originaux en Ken touchant, homme objet qui n’a pas de personnalité et se trouve dans la position inversée de la place de la femme longtemps dans nos sociétés occidentales. Margot Robbie est comme toujours excellente en poupée ingénue qui dévouvre le féminisme et reconquiert son monde lorsque l’homme essaie de le piétiner par son patriarcat.


Avec des décors en cartons pate et une imagerie drôle et acidulée, le film réussit à faire passer des messages légèrement féministes au sein d’un blockbuster très grand public. Les clins d’oeil sont drôles mais un malaise s’installe. Est ce que la firme Mattel ne se foutrait pas un peu de notre gueule à faire passer sa poupée comme un symbole de diversité et d’indépendance de la femme. Plus c’est gros plus ca passe et c’est en quelques sorte le culot incroyable qu’ont les producteurs de nous faire croire que la gamme de jouets a beaucoup fait pour l’émancipation des petites filles, futures femmes libres d’esprit en devenir. Le film reste tout de même une énorme publicité déguisée qui utilise l’humour et le talent de sa réalisatrice et de ses acteurs pour réecrire quelques peu l’histoire et la peindre en rose. Sauf que cet achat d’une virginité et d’une hype second degré a beau être un excellent coup rentable vu le succès au box-office, ca se voit quand même beaucoup. L’histoire reste très attendue et donne des gros traits caricaturaux de ce que sont le féminisme et la patriarcat. C’est assez lourdeau comme message et d’un consensualisme désobligeant. Ce rebranding est une réussite exceptionnelle en tant qu’opération commerciale. Artistiquement, je suis plus réservé bien que le film ce regarde sans déplaisir, comme on mange un bon acidulé et comme on oublie le goût quelques minutes après.


La piste aux lapins :



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