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As bestas

De: Rodrigo Sorogoyen

Le pitch : Antoine et Olga, un couple de Français, sont installés depuis longtemps dans un petit village de Galice. Ils ont une ferme et restaurent des maisons abandonnées pour faciliter le repeuplement. Tout devrait être idyllique mais un grave conflit avec leurs voisins fait monter la tension jusqu’à l’irréparable…


Curieux film que ce As Bestas qu'on n'avait pas vu venir. Soyons clairs dès le départ, c'est l'un des très bons films de 2022 à voir absolument.


Marina Foïs et Denis Ménochet sont brillants et prouvent à quel point le cinéma français a de la chance de les avoir, même si ils jouent dans un film espagnol en espagnol !


Rodrigo Sorogoyen avait marqué les esprits avec El Reino, film sur un politicien corrompu lâché par ses pairs et embarqué dans un cercle destructeur sans fin. C'est un nouveau coup de maitre que ce "As bestas" qui traite d'un sujet rare, le racisme des autochtones d'une campagne reculée, pétrie d'identitarisme, envers des "étrangers".


Le réalisateur utilise son histoire pour en fait tourner deux films en un.


Le premier s'intéresse à ce couple confronté à la violence verbale de voisins qui souhaitent qu'ils partent et les harcèlent au quotidien dans une spirale dont on ne connait pas ni la fin ni la forme qu'elle prendra. Face à cet état de fait qu'ils subissent les deux français venus refaire leur seconde partie de vie restent forts, unis entre eux et ne veulent pas abandonner leur rêve, celui de devenir agriculteurs ainsi que les économies d'une vie qu'ils y ont investi. Ce premier film a des accents de thriller et l'angoisse est portée à son comble dans plusieurs scènes choc vraiment marquantes. L'aspect homme fort et brut de Denis Ménochet est alors essentiel face à cette adversité injuste qu'on ne comprend pas.


Et puis le réalisateur fait s'exprimer cette fratrie d'espagnols joués par les très bons Luis Zahera et Diego Anido qu'on trouve indéfendables et rustres et explique la raison de leur haine, de leur jalousie pour ceux qui ont eu une éducation, une chance de réussir alors qu'eux sont restés miséreux. Là le film devient passionnant car sans excuser la stupidité des individus, il l'explique et rend palpable la profondeur de leur ressenti, et la séparation entre les victimes des déserts ruraux et les gagnants de la mondialisation habitant les villes.


Le second film lui vire à l'enquête et à la foi en un projet de vie envers et contre tous et à la soif que la vie reprenne un lit juste.


La virtuosité du film secoue, étonne par sa puissance. Un grand film.


La piste aux Lapins :





































































































































Terrence Malick

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