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1917

De: Sam Mendes



Sam Mendes est l'un des grands réalisateurs hollywoodiens, qui a signé les magnifiques American Beauty, Les Sentiers de la perdition et Les Noces rebelles avant d'être accaparé par James Bond et ses deux énormes succès critiques et publics que furent Skyfall et Spectre.


Et c'est son ami Steven Spielberg qui l'a sorti de son repos de cinq ans pour produire 1917, film de guerre où son talent de mise en scène impressionne et signe le 1er grand film de 2020.

Sam Mendes a vendu son film sur la promesse d'un long plan séquence à savoir une seule scène que ne s'arrête jamais. Si l'exercice n'est pas nouveau (plus récemment Inarriru optait pour ce concept pour Birdman), et qu'il est en fait un faux plan séquence puisque évidemment le film a été tourné en de nombreuses coupes, le résultat donne une dynamique toute particulière et une immersion totale.


Le réalisateur fait avec son scénariste des choix qui mettent en danger les personnages à tout instant et nous empêchent de nous appesantir, livrant un film de guerre différent, axé sur le suspens. L'histoire suit deux jeunes soldats britanniques, qui sont chargés durant la Première Guerre Mondiale, de porter un message à des lignes avancées pour leur éviter de tomber dans un piège allemand et de se retrouver massacrés.


La course contre la montre est donc rythmée et passe de la journée à découvert aux superbes plans d'un village en feu en pleine nuit, alternant une dizaine de scènes de bravoure.

Ces scènes sont non seulement léchées et liées entre elles par le stratagème de mise en scène mais elles donnent à la guerre toute son horreur et son absurdité par des images plus que par des mots. Le Luxe de détails est impressionnant, que ce soit des tranchées allemandes bétonnées ou du jusque boutisme suicidaire de certains militaires à la folie de ces massacres entre adolescents.

Car Mendes nous montre de très jeunes hommes lancés les uns contre les autres comme de la chair à canon, accrochés à une pauvre médaille pour des raisons qu'ils ignorent. Il ne traite certes pas trop de la vie des tranchées elles même, de l'alcoolisme et des conditions sanitaires puisque les deux héros sont dans une fuite en avant à la fois utopique et impossible sur le papier.

Le réalisateur a évidemment l'intelligence, à la différence de son copain Spielberg, de garder tout patriotisme relou de côté et de bannir tout écart de pathos mal venu. Son film est éclatant et sobre dans les sentiments. Ses moments d'émotion sont d'autant plus précieux qu'ils montre la fragilité d'une vie et montre une mort organique, disséminée au milieu de terres et villages dévastés comme dans un enfer de Dante. Les images de ces corps déchiquetés, abandonnés dans la boue, suffisent à elles seules à illustrer la violence et la boucherie humaine qui ont marqué cette guerre de 14-18.


Au-delà du tour technique dont on parle partout, il ne faut donc pas oublier que 1917 s'articule autour d'un scénario très solide basé sur les carnets du grand père du réalisateur. Le film en devient d'autant plus touchant, avec ce petit fils devenu grand artiste reconnu à Hollywood et rendant à son aïeul le plus bel hommage qu'il aurait pu espérer.


La piste aux Lapins :




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