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The Christophers

De Steven Soderbergh



Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori, restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.


Avec The Christophers, Steven Soderbergh délaisse les mécaniques de suspense qui ont souvent fait sa réputation pour proposer une œuvre plus discrète, presque chambriste, où les mots deviennent le principal terrain d’affrontement. Derrière l’apparence d’une comédie noire teintée d’arnaque et de manipulation se dessine une méditation sur la création, l’héritage artistique et la manière dont une œuvre survit à son auteur.


Le cœur du film repose sur une rencontre aussi improbable que captivante entre un peintre vieillissant, figure autrefois incontournable du monde de l’art, et une jeune femme qui lui tient tête avec une intelligence et une modernité déconcertantes. Entre eux s’installe un duel verbal d’une rare vivacité, nourri de sarcasmes, de provocations et de réflexions sur la valeur de l’art, qu’elle soit financière, culturelle ou profondément intime. Ian McKellen, remarquable de présence et d’énergie, trouve en Michaela Coel une partenaire idéale, capable de lui répondre coup pour coup sans jamais se laisser écraser par son charisme.


Soderbergh filme ce face-à-face avec une élégance feutrée et un humour typiquement britannique, transformant chaque échange en terrain d’exploration des contradictions de la création artistique. Le film interroge autant la fabrication des œuvres que les récits qui les entourent, la frontière mouvante entre authenticité et imposture, ou encore ce mystérieux élan qui relie les artistes à quelque chose qui les dépasse. Mais force de privilégier la parole et l’idée, le récit peut parfois sembler abstrait ou inachevé. Certains y verront un manque de profondeur émotionnelle et de véritable ampleur dramatique. Une œuvre modeste mais ambitieuse dans ses questionnements, dont la principale richesse demeure l’extraordinaire joute entre Ian McKellen et Michaela Coel, duo d’acteurs qui donne à cette réflexion sur l’art une humanité et une vitalité constantes.


La piste aux Lapins :



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