Jim Queen
- Blanc Lapin
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De Marco Nguyen, Nicolas Athane

Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d'empêcher l'extinction de l’homosexualité...
Jim Queen est une pépite pop et provocatrice qui fait du bien. Le film joue avec les clichés du milieu gay de façon tellement outrancière et avec un humour trash et malin qu'il en devient un objet culte au premier visionnage.
C'est inventif, bourré de personnages qui souvent se contentent d'apparences et s'avèrent plus sensibles lorsque l'on gratte derrière le maquillage ou la musculature. En choisissant de se moquer des caricatures et des castes dans lesquelles beaucoup d'homos aiment à ne pas sortir, par besoin de reconnaissance, par confort, ou souci d’appartenance, les réalisateurs n'hésitent pas à faire une autocritique d'un milieu pas très ouvert. Un milieu souvent très dur avec la société et très dur en son sein même et qui juge beaucoup son prochain. Sous des dehors comiques hilarants avec des blagues vraiment gonflées et très cul, Jim Queen aborde la thématique du "milieu gay" qui n'en n'est pas un mais plusieurs et qui n'est pas forcément une communauté. La provocation s'insère dans un déferlement visuel d'une énergie irrésistible où régulièrement on se dit "ah ouhais, c'est gonflé!". Mais là où le film marque des points c'est qu'il ne se contente pas de faire rire et propose un regard subtil sur les violences intra "communautaires" aussi bien que sur le regard de la société sur les LGBT+. L' esthétique et l'humour font de cette comédie queer ultra-colorée un gros délire dont l'excès et le grotesque sont jouissifs.
La générosité du projet, son intelligence politique et son inventivité graphique emportent largement l’adhésion. C'est irrévérencieux, drôle et engagé ! L’autodérision est la plus belle arme pour répondre aux critiques tout en dressant des drapeaux avec un regard nuancé et en abandonnant pas des combats et des droits loins d'être acquis. Une excellente surprise !
La piste aux Lapins :




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