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« The Bikeriders »

De Jeff Nichols




Jeff Nichols a eu la hype grave il y a quelques années dans le cinéma indépendant mais depuis son Loving un peu lourd en 2016, plus aucune nouvelle. J'ai adoré "Mud" mais j'ai peur que ce film ne soit pas celui qui me réconciliera avec le reste de la filmographie du cinéaste. Bien au contraire. J'ai trouvé ennuyeux et surestimé tant son "Take shelter" que son "Midnight special" en 2015. Je ne trouve pas sa mise en scène particulièrement originale, elle est même beaucoup trop référencée et ses histoires font du surplace ou ne m'intéressent tout simplement pas, à part Mud donc. Mais il a du talent.


Cette fois-ci il change de style pour se mettre au service d'une histoire, pas des plus folles mais relativement intéressante. Celle de motards du Midwest se structurant en club dans les années 60 ainsi que l'évolution du groupe sur une dizaine d'années avec l'arrivée de motards de seconde génération plus violents que les précurseurs.


La vraie force du film repose sur ses trois interprètes principaux, qui crèvent l'écran.


Jodie Comer est connue via l'excellente série "Killing Eve" et a impressionné tout le monde l'a dernier dans "Le dernier Duel" de Ridley Scott. Ici dans un rôle de composition à 1000 lieues de ses autres rôles, elle interprète une femme amoureuse d'une icône, d'un mâle alpha avec lequel elle tente de vivre. Ce dernier est le rebel libre par excellente, sorte d'incarnation de Marlon Brando dans LE film de bikers culte, L'équipée sauvage, qui est ouvertement cité et référencé dans le film. Et c'est Austin Butler qui joue le personnage. Il était incroyable dans Elvis de Baz Luhrmann et il vient d'interpréter brillamment le génial antagoniste Feyd Rautha dans le second volet de Dune de Denis Villeneuve. Et là où il aurait pu se vautrer et être ridicule tant les clichés sont potentiellement forts, il explose l'écran. On voit clairement que l'animal a du charisme et son rôle de blond ténébreux qui veut rester libre de toute contrainte et indépendant est particulièrement touchant. Jeff Nichols a en effet l'intelligence de montrer ses fragilités en miroir des attentes des autres, et cette fuite du personnage face à des responsabilité et un rôle qu'il ne veut pas endosser.


On ne présente plus Tom Hardy, excellente acteur que j'aime beaucoup mais qui après 10 ans de carrière au top fait de la merde depuis qu'il joue dans Venom. Heureusement pour lui, l'acteur revient au top dans le rôle du chef de bande, en admiration devant ce second qui lui rappelle l'icône Brando et qui voit en lui son héritier idéalisé. Par sa diction et son jeu il rappelle d'ailleurs Marlon Brando à plusieurs reprises dans une forme de mimétisme inconscient du personnage, touchant également.


Le film n'a rien d’exceptionnel et se contente de capter une période dans un milieu souvent caricaturé ou à l’image de carte postale kitsch ou au contraire ultra réac, mais c'est justement cette humilité du récit qui marque. Le film explique l'évolution vers un extrémisme et un détournement d'un idéal au départ non violent de passionnés d'un mode de vie et de tout l'imaginaire qu'il drainait avec lui.


Une réussite


La piste aux Lapins :




Bande-annonce :



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