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Phantom Thread

Dernière mise à jour : 12 janv. 2023

De: Paul Thomas Anderson



Le grand Paul Thomas Anderson revient dans le Londres glamour des années 50, pour raconter le quotidien d'un grand couturier, Reynolds Woodcock qui habille stars, têtes couronnées et femmes fortunées...et il va nous décrire sa relation ambiguë avec sa nouvelle conquête, une jeune serveuse sans le sou.


PT Anderson est l'un de mes réalisateurs préférés, un de mes chouchous, et aligne les réussites avec "There Will be Blood" déjà avec l'excellent Daniel-Day Lewis, dont "Phantom Thread" serait le dernier film, "Boogie Nights", "Magnolia", "Punch Drunk Love", et bien sûr le film sur le créateur de la scientologie, l'excellent "The Master". Et puis c'est le drame...il nous sort un "Inherent Vice" vraiment mal ficelé, pas drôle, censé se rapprocher de Las Vegas Parano mais un peu chiant.


Hélas, ce "Phantom Thread" ne retrouve pas le niveau d'antan et le concert de louanges qui accompagne la sortie du film me laisse relativement stupéfait. Entendons-nous, l'image est léchée, Daniel-Day Lewis est parfait de classe et d’égoïsme froid dans ce portrait d'un artiste à la vie méthodique et calibrée qui ne supporte pas le moindre grain de sable dans sa superbe mécanique. De même Vicky Krieps est excellente dans ce rôle de jeune fille d'abord en admiration puis qui va peu à peu s'émanciper du monstre et foutre un joyeux bordel. Certains scènes sont drôles notamment lorsqu'une riche héritière alcoolique et vulgaire se marie avec un play-boy.


Mais ce film sur la création est selon moi trop froid justement. A vouloir trop verser dans le classicisme de sa mise en scène, Paul Thomas Anderson en oublie l'émotion. Elle est trop retenue, trop confinée et c'est un peu le même sentiment que j'ai eu devant "Carol" de Todd Haynes, dont la critique était exagérément dithyrambique, dont les acteurs étaient top et pour lequel je ne sentais rien se passer, pas d'émotion. Je suis un peu fermé à ce type de réalisation distante avec un jeu minimaliste tellement en nuances et tellement confiné qu'il me semble tuer toute proximité, toute empathie pour les personnages.


C'est un choix artistique qui en général ne me touche pas du tout. La délicatesse et la richesse du film sont comme étouffées par cette froideur. L'élégance manifeste de "Phantom Thread" ne le rend pas aimable pour autant et relativement difficile d'accès voire un peu long par moment. "Phantom Thread" est extrêmement rigide et je n'en suis que plus déçu car il est compliqué d'être déçu par un réalisateur qu'on porte aux nues, d'autant plus lorsque la presse en fait des caisses. Dommage.


La piste aux Lapins :




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