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Dogman

Dernière mise à jour : 11 janv. 2023

De: Matteo Garrone


Le réalisateur de Gomorra revenait en compétition à Cannes en mai dernier avec ce film à la fois surprenant et qui laisse un peu sur sa faim.


Matteo Garrone retrouve la noirceur de son film le plus célèbre à travers la description d'une Italie très pauvre, d'un quartier abandonné où Marcello, toiletteur pour chiens, est le seul à supporter Simoncino, brute épaisse tout juste sorti de prison, qui terrorise tout le monde par sa violence. Et comme Marcello, qui est léger comme une plume et ne paye pas de mine, est aussi dealer de cocaïne à ses heures perdues, le fou furieux cocaïnomane qu'est Simoncino lui colle aux basques.


Le film est surprenant car on ne sait jusqu'où cet être faible et influençable va accepter de se rabaisser et de s'humilier, d'abord en se sentant protégé par l'ogre puis par contrainte. Noir c'est noir et certaines scènes montrent un personnage pathétique qui fait vraiment de la peine jusqu'à ce qu'il réagisse.


Une certaine morale parcours le comportement de ce personnage auquel on a du mal à s'attacher tant il est misérable dans ses choix. Sa pseudo morale est aussi difficile à comprendre avec ce qu'il est capable d’encaisser via cette relation malsaine, ce syndrome de Stockholm chez les "Affreux, sales et méchants".


Le film n'est pas aimable mais il reste fascinant par cette autodestruction qui n'en finit pas et sur laquelle on a du mal à être ému. Un sentiment partagé m'a parcouru. Je trouvait le film bien réalisé, certaines scènes choc qui peuvent à juste titre avoir marqué les festivaliers en mai dernier. Cependant j'ai eu du mal à capter l'intérêt de l'histoire car au fond point de morale particulière alors que c'est l'un des thèmes du film, et l'Italie pauvre que Matteo Garone décrit se limite à ces deux personnages, pas très représentatifs non plus. Du coup, un air de facilité et d'effet de scénario m'a un peu corrompu l'avis final. Le propos est trop simple et vire à la redite et j'ai été déçu par cette fin, d'autant plus que le film est très bien mis en scène.

Le pessimisme sur la noirceur des âmes peut certes donner lieu à de bons films mais là le propos était trop centré sur deux personnages dont l'un commet des actes à la limite de la stupidité et l'autre est une brute sans intérêt. Un sentiment de tourner à vide s’infiltre peu à peu malgré une mise en place du décors très impressionnante.


La piste aux Lapins :






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