On l'appelait Robin des Bois
- Blanc Lapin
- il y a 2 heures
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De Michael Sarnoski

Hanté par son passé après une vie de crimes et de violence, Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance de rédemption…
Le film a fait un four au box office et c'est à la fois compréhensible et injuste. Disons que revisiter le mythe de Robin des bois vieux, ceci a déjà été fait avec le magnifique La Rose et la flèche avec Sean Connery et ce n'est pas ceci qui peut gêner, surtout avec Hugh Jackman dans le rôle titre.
Mais là le traitement du sujet par Michael Sarnoski a de quoi perturber et rebuter le public. Le film est particulièrement violent dans ses morts et il y en a de nombreux et surtout des mains du vieux Robin des bois, présenté comme un bandit de grand chemin sans scrupules qui a été une ordure toute sa vie et non un héros. C'est lui-même qui a créé son mythe mais n'a jamais défendu la veuve et l'orphelin puisqu’il les a plutôt dépouillés et massacrés sans laisser de traces. On est loin de la vision disneyenne du renard malin et sympa. Cette approche est super originale et pour le coup très intéressante dans le remord qui s'éprend de ce vieux salopard égoïste à l'aube de sa mort.
Mais la vision de Sarnoski fait penser à celle de Robert Eggers dans The Northman ou Nosferatu, à savoir une approche très auteurisante. C'est très sombre, de nombreuses scènes se passent de nuit ou dans des pièces noires, certains passages de dialogues entre Robin et Petit-Jean (incroyable Bill Skarsgård métamorphosé de nouveau après Nosferatu), entre Robin et la géniale Jodie Comer, sont des échanges qu'on ne voit jamais dans un blockbuster puisqu'ils touchent à de l'introspection, à un travail de rédemption avec une économie de mots qui peut concrètement faire chier une partie du public ou le rendre curieux comme moi-même.
La critique est donc partagée entre de très bonnes notes et de très mauvaises et c'est assez logique vu le parti pris radical et qui ne manque pas d'émotion. Le pessimisme du film est fascinant et je suis super étonné que le film ait trouvé un budget. La brutalité insoutenable de certaines scènes peut être considérée comme un peu gratuite mais pour tout fan de Game of Thrones, çà ne vous fera pas sourciller. L'anticonformisme du film est séduisant, les échanges entre personnages un peu trop nombreux et parfois répétitifs. Mais l'idée de parler de culpabilité, de transmission par le pardon et le recul sur sa propre vie et ses erreurs, est en soit une ambition très louable qui donne du chien au film. Même si il est trop contemplatif et violent inutilement dans sa première partie, ce On l'appelait Robin des Bois mérite d'être vu.
La piste aux lapins :




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