Frankelda, c'est moi
- Blanc Lapin
- il y a 1 heure
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De Rodolfo Ambriz, Arturo Ambriz
A voir sur Netflix

Frankelda, une écrivaine mexicaine déterminée du XIXe siècle, plonge dans son subconscient pour affronter les monstres qu’elle a elle-même imaginés. Guidée par un prince tourmenté, elle doit rétablir l'équilibre entre la fiction et la réalité avant qu’il ne soit trop tard.
Avec Je Suis Frankelda, les frères Ambriz signent leur premier long métrage d’animation en stop-motion, ce qui est probablement le style le plus casse gueule et long à mettre en œuvre. Mais on se souvient de nombreux chefs douves du genre, de L'étrange Noël de Mister Jack, James et la Pêche géante et Coraline de Henri Selick, en passant par Kubo et l'armure magique de Travis Knight, Chicken Run ou Wallace et Gromit de Peter Lord et Nick Park, L'Ile aux chiens ou Fantastic Mister Fox de Wes Anderson, Pinocchio de Guillermo del Toro, Les Noces funèbres ou Frankenweenie de Tim Burton, Mad God de Phil Tippett, La Grande Aventure LEGO de Phil Lord et Christopher Miller
D’une ambition remarquable, Frankelda, c'est moi se démarque déjà par le style de ses figurines, très éloignées de ses ainés, pas toujours aimables visuellement mais qui permettent de s'immerger très vite dans l’univers qui nous est conté. Le récit est lui aussi original voir macabre. Dans le Mexique du XIXe siècle, une jeune fille confrontée au deuil et à la solitude se réfugie dans l’écriture. Frankelda, la créature spectrale qui s'échappe vers le monde de Topus Terrenus, est plutôt caractérielle et glauque. Le monde lui même est peuplé de monstres inquiétants.
Les tourments de l’héroïne et sa créativité sont nouris par les cauchemars. Le film porte une idée forte qui traverse nombre de films de Terry Gilliam : inventer des histoires permet de résister au réel, de transformer la douleur et de trouver sa propre liberté.
Le travail plastique est impressionnant, des décors minutieux, aux textures, jeux de lumière, ainsi qu'une bande originale forte. La générosité visuelle, l'étrangeté et le chien qu'a indéniablement le film finissent par emporter l’adhésion. Une œuvre singulière, artisanale dans toute la noblesse du qualificatif, qui sait aussi bien provoquer l’émerveillement que faire surgir le cauchemar.
La piste aux lapins :




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