top of page

Laurent dans le vent

De Anton Balekdjian, Léo Couture, Mattéo Eustachon



À 29 ans, Laurent cherche un sens à sa vie. Sans travail ni logement, il atterrit dans une station de ski déserte hors-saison et s’immisce dans la vie des rares habitant·es qu’il rencontre. Quand les touristes arrivent avec l’hiver, Laurent ne peut plus repartir.


Porté par une direction d’acteurs sincère et délicate, très proche de ses personnages, le film affirme une manière de faire du cinéma réel et cru à la façon d’Alain Guiraudie, mais avec un pet au casque parfois déroutant. On est aux marges et l’imprévisible se fait roi, suivant ce personnage paumé qui ne sait pas trop où il va et se laisse porter, s'attachant aux autres tel un toutou dès qu'on est gentil avec lui. Il squatte, se tappe l'incruste et i est très gentil mais il n'a aucune idée de ce qu'il veut dans la vie. Ceci rend le personnage attachant, parfois agaçant mais qui ne laisse jamais indifférent.


Le récit célèbre la liberté des marginaux et une forme de panache dans l'’échec assumé, mêlant burlesque discret et mélancolie diffuse, humour et gravité fragile.

Le film avance par glissements successifs, au gré des rencontres et du hasard, adoptant un tempo volontairement flottant. Cette liberté de circulation, parfois déroutante, devient sa force : l’œuvre bifurque, se suspend, s’égare, préférant le mouvement à la destination. Le personnage central intrigue par son trouble existentiel, reflet diffus d’une génération en quête de sens.


Inégal mais attachant, le film trouve ses plus beaux moments dans cette sensation de tâtonnement permanent, quand il accepte pleinement l’errance et le hasard comme principes narratifs. Une œuvre singulière, libre dans ses détours, dont la fragilité même fait le charme — quitte, parfois, à frôler l’ennui.


La piste aux Lapins :



Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page