La danse des renards
- Blanc Lapin
- il y a 2 jours
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De Valery Carnoy

Dans un internat sportif, Camille, un jeune boxeur virtuose, est sauvé in extremis d’un accident mortel par son meilleur ami Matteo. Alors que les médecins le pensent guéri, une douleur inexpliquée l’envahit peu à peu, jusqu’à remettre en question ses rêves de grandeur.
Ce premier long métrage s’impose avec une retenue rare et une vraie singularité, loin des automatismes attendus du genre. Le film surprend par l’événement qui arrive rapidement dans le récit et instaure un climax à la limite du surréalisme. Par son apparente simplicité teintée de touches de poésie, notamment dans les scènes de forêts avec renards ou jeune trompettiste, le film déploie une émotion profonde et durable. Chaque fois qu’on voit l’animal, une rupture du récit s’intensifie jusqu’à une conclusion d’une justesse désarmante. En explorant l’amitié masculine entre jeunes hommes, sans aucune ambiguïté sexuelle, ce qui change un peu, et dans un cadre sportif exigeant, le film capte avec acuité les tensions entre solidarité, rivalité et construction de soi.
Ancré dans un univers de sport-études marqué par la pression et la quête de performance, le récit met en lumière la violence des injonctions qui pèsent sur les corps et les esprits. Mais plutôt que de faire du descriptif, le film il opte pour une approche sensible et nuancée, traversée de ces échappées irréelles, qui apportent une respiration inattendue sans jamais verser dans la facilité, ce qui était loin d’être gagné. Il en résulte une délicatesse bienvenue et surtout une identité au long métrage,
Porté par une interprétation habitée, notamment celle de Samuel Kircher , d’une intensité remarquable, le film rend tangible la douleur intime, le doute et l’isolement. La dynamique de groupe, essentielle, est traitée sans simplisme pour mieux révéler la complexité des liens et des fragilités.
Ce récit d’apprentissage aborde avec finesse des thèmes comme la masculinité, le privilège, la compétition et la perte. Une entrée en matière prometteuse pour un cinéaste qui affirme déjà une voix personnelle et maîtrisée.
La piste aux lapins :




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