Critique streaming : Police Flash 80, Le Rêve américain, L’Affaire Bojarski, The Bride!
- Blanc Lapin
- il y a 8 heures
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Police Flash 80

1984. Yvon Kastendeuch, flic à l’ancienne et fan de Michel Sardou est propulsé malgré lui à la tête d’une « unité d’élite » : la Police Flash 80. Il doit désormais faire équipe avec Guilaine, maman surmenée et cerveau du groupe, Marfoud, geek du Minitel et Roberto, l’infiltré à la coupe mulet. Ensemble, ils vont tenter de démanteler un trafic de drogue en devenant une brigade si improbable, que même les années 80 n’étaient pas prêtes.
En revisitant les codes du polar des années 1980, Jean-Baptiste Saurel livre une comédie policière qui mise avant tout sur son énergie et son charme rétro. L'humour, parfois inégal mais porté par un rythme soutenu et un casting manifestement heureux de jouer la carte de l'excès, accompagne une reconstitution minutieuse d'une époque où chaque détail – des costumes aux accessoires en passant par la bande originale – nourrit une nostalgie communicative. Derrière cette fantaisie assumée, le film glisse aussi un regard discret sur une société en pleine mutation, dont les certitudes vacillent face aux changements à venir. Sans prétendre révolutionner le genre, cette aventure menée par une galerie de policiers aussi maladroits qu'attachants séduit par son mélange de burlesque, de tendresse et d'autodérision. Si certaines séquences tombent à plat et que les ambitions restent modestes, l'ensemble conserve suffisamment de personnalité, de trouvailles visuelles et de gags réussis pour offrir un divertissement léger, sympathique et volontiers régressif.
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Le Rêve américain

Personne n'aurait parié sur Jérémy, coincé derrière le comptoir d’un vidéo club à Amiens, ou sur Bouna, lorsqu'il faisait des ménages à l’aéroport d’Orly. Sans contacts, sans argent et avec un niveau d'anglais plus qu’approximatif, rien ne les prédestinait à devenir des agents qui comptent en NBA.
À travers le parcours de deux amis unis par un même objectif, le film transforme une success story en chronique humaine où la persévérance, la débrouille et la solidarité occupent le premier plan. Porté par la complicité naturelle de Jean-Pascal Zadi et Raphaël Quenard, dont les personnalités opposées se complètent avec justesse, le récit alterne moments d'enthousiasme, d'incertitude et d'émotion sans suivre un rythme entièrement linéaire. Cette progression parfois irrégulière peut provoquer quelques longueurs, mais elle laisse le temps de s'attacher aux personnages et à leur aventure. Si le traitement reste parfois trop sage et n'exploite pas toujours toute la force émotionnelle de cette histoire inspirée de faits réels, le film séduit par son regard bienveillant sur l'amitié, le courage et la capacité à poursuivre un rêve malgré les obstacles, offrant au final un divertissement chaleureux et accessible.
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L’Affaire Bojarski

Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.
En s'inspirant de l'incroyable destin de Jan Bojarski, Jean-Paul Salomé signe un thriller historique élégant qui retrouve le souffle des grands polars français d'autrefois. La reconstitution des Trente Glorieuses, soignée jusque dans les moindres détails, installe une atmosphère raffinée où décors, costumes et photographie servent un récit solidement ancré dans le réel. Si la mise en scène privilégie une approche classique, parfois un peu trop appliquée, elle laisse toute la place à la richesse de ses personnages et à la précision du travail de faussaire, filmé avec une fascination presque artisanale. Reda Kateb impressionne par une interprétation tout en retenue, donnant une profonde humanité à cet homme aussi brillant qu'insaisissable, tandis que Bastien Bouillon lui donne la réplique avec le talent qu'on lui connait désormais, confirmant qu'il est l'une des révélations de quarantenaire du cinéma français depuis 4 ans. Malgré une narration qui manque parfois d'audace et de relief pour exploiter pleinement l'extraordinaire potentiel de cette histoire vraie, le film captive par son élégance, la qualité de son interprétation et le portrait nuancé d'un personnage hors norme, offrant un divertissement d'époque à la fois sobre, prenant et remarquablement interprété.
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The Bride!

Rongé par la solitude, « Frank » se rend à Chicago dans les années 1930 et demande au Dr. Euphronious, scientifique visionnaire, de lui créer une compagne. Ensemble, ils ressuscitent une jeune femme assassinée, et la fiancée prend vie ! Mais la suite des événements dépasse tout ce que qu’ils auraient pu imaginer : meurtres, possessions, et un couple hors-la-loi qui se retrouve au centre d’un mouvement social radical et débridé, et d’une histoire d’amour passionnelle et tumultueuse !
Avec cette relecture libre du mythe de Frankenstein, Maggie Gyllenhaal affiche une ambition débordante, mêlant romance, horreur, film de gangsters, manifeste féministe et références à la littérature comme au cinéma. Mais cette accumulation d'intentions finit par étouffer le récit, qui peine à trouver une véritable identité. Derrière une esthétique gothique spectaculaire, un casting prestigieux emmené par Jessie Buckley et Christian Bale, et quelques éclats de mise en scène, le film souffre d'un excès de démonstration qui empêche l'émotion et la puissance dramatique de s'installer. Plus préoccupée par ses effets de style et son jeu de citations que par ses personnages, cette version apparaît souvent artificielle et déséquilibrée, laissant l'impression d'une œuvre visuellement audacieuse mais incapable de transformer ses nombreuses idées en un ensemble réellement cohérent ou captivant.
Bref le film est franchement pénible à voir.
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