"Hurlevent"
- Blanc Lapin
- il y a 3 heures
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De Emerald Fennell

Après avoir électrisé le cinéma contemporain avec Promising Young Woman puis cultivé le malaise aristocratique dans Saltburn, Emerald Fennell poursuit son exploration des désirs dévoyés et des passions vénéneuses. Sa nouvelle entreprise s’attaque à un monument : Les Hauts de Hurlevent de Emily Brontë. Un choix loin d’être anodin pour une cinéaste fascinée par les rapports de domination, l’obsession amoureuse et les hiérarchies sociales toxiques.
Le film repose sur un duo magnétique : Margot Robbie et Jacob Elordi. Et il faut dire que les deux acteurs sont ultra sexy et crèvent littéralement l'écran. Le film se fait défoncer par la presse mais il fallait s'y attendre.
Alors pourquoi tant de haine et le film mérite t-il de se faire assassiner de la sorte ?
Il est vrai que le récit d'Emily Brontë perd en nuances et que le récit se veut pompier avec des plâtrées de gothique, d'images volontairement pop et anachroniques et ceci peut énormément agacer. En effet c'est à la fois clivant, provocateur et clipesque. Oui c'est vrai mais ceci a le mérite de prendre quelques risques de mauvais goût qui moi ne m'ont pas déplu. Cà change et au moins le côté rentre dedans de la réalisatrice fait qu'on ne s'ennuie à aucun moment.
Jacob Elordi, révélé par Euphoria et confirmé par Priscilla de Sofia Coppola, le surprenant On Swift Horses de Daniel Minahan, le Frankenstein de Guillermo del Toro ou la superbe série The Narrow road, poursuit une ascension fulgurante. Et il a ce qu'on appelle...du charisme cinégénique.
L’exacerbation de ce Hurlevent est une déflagration sentimentale où l’amour devient champ de bataille, où la rancœur et le mépris de classe contaminent chaque regard. C'est too much, l'esthétique baroque, le film déroute, énerve par ses facilités et puis on y voit surtout l'illustration de ce que les personnages ressentent en tant que passion. Et pour le coup, cette transcription est réussie, très réussie.
La mélancolie réelle qui apparait derrière tant de maladresses et de stylisation, fait que l’émotion explose. L’impact visuel se déroule au détriment du romantisme et de la finesse mais si on l'accepte, le film laisse transparaitre une intensité troublante : la sensualité y devient fièvre, la haine se mue en désir incandescent.
Ce Hurlevent divisera, provoquera l’adhésion passionnée ou le rejet viscéral. Mais dans un paysage hollywoodien souvent poli jusqu’à l’asepsie, cette audace a quelque chose de salutaire.
La piste aux lapins :




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