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Good Luck Have Fun Don’t Die

Gore Verbinski



Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?


Avec Good Luck Have Fun Don’t Die, Gore Verbinski signe un retour aussi inattendu que débridé, après plusieurs années loin des plateaux. Le cinéaste retrouve son goût pour les récits spectaculaires et décalés, tout en y injectant l'inquiétude très contemporaine d’un monde progressivement englouti par l’intelligence artificielle.


Le film est souvent absurde et décalé et prends aux grands films de voyage dans le temps ce qu'il y a de mieux pour les mixer au goût du jour et des inquiétudes quant au devenir de l'IA.


Sam Rockwell est une nouvelle fois génial en personnage à la mission cynique mais chevillée au corps, sorte de Fisher King de Terry Gilliam propulsé dans L'armée des 12 singes du même Gilliam. Forcément, moi, grand fan devant l'éternel de l'ex Monthy Python, çà me parle !


Autour de lui Zazie Beetz, Michael Peña, Haley Lu Richardson et Juno Temple forment un groupe hétéroclite embarqué dans une lutte qui les dépasse et c'est ce qui rend le tout suffisemmet décalé et drôle.


Très vite, le film abandonne toute linéarité rassurante pour embrasser une forme de chaos assumé. Les visions d’avenir s’accumulent : paysages gelés, machines hostiles, drones menaçants, humanité à la dérive. Le montage nerveux et les ruptures de ton constantes donnent à l’ensemble un rythme imprévisible, parfois étourdissant, où se mêlent comédie, aventure et science-fiction sombre. Le récit lui-même semble se fragmenter, multipliant les allers-retours et les digressions, au point de devenir difficile à résumer — comme si cette confusion participait pleinement de son identité.


Ce grand écart permanent constitue à la fois la force et la faiblesse du film. Tantôt inspiré, tantôt désordonné, il avance sur une ligne de crête où les fulgurances côtoient des moments plus bancals. Mais c’est précisément dans cette instabilité que le projet trouve une forme de singularité : une œuvre imparfaite, débordante, qui refuse le lissage et cultive une énergie presque incontrôlable. Une œuvre chaotique que Terry Gilliam aurait pu livrer.


Derrière son apparence de divertissement spectaculaire, le film glisse aussi une satire du présent, en filigrane d’un récit où la technologie devient une menace diffuse. Verbinski y retrouve par moments l’esprit joueur et l’excès qui avaient marqué Pirates of the Caribbean, tout en y ajoutant une tonalité plus sombre, presque anxieuse.


Au final, Good Luck Have Fun Don’t Die ressemble à un objet hybride, à la fois ludique et pessimiste, désordonné mais vibrant. Un film qui peut désarçonner autant qu’il captive, et qui, dans son imperfection même, dégage une forme d’urgence et de sincérité difficile à reproduire — précisément ce que redoute, en creux, le monde qu’il met en scène.


La piste aux Lapins :



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