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Dream scenario

De Kristoffer Borgli



Nicolas Cage est un cas à part à Hollywood.


Dévouvert dans les années 80 chez son tonton Francis-Ford Coppola (Rusty James , Cotton Club, Peggy Sue s’est mariée) puis chez David Lynch (Sailor & Lula), Alan Parker (Birdy), les frères Coen (Arizona Junior), il entame dans les années 90 un virage plus grand public. Ce sera Red Rock West, puis Leaving Las Vegas pour le rôle à Oscar, Rock, Les ailes de l’enfer et Volte Face, chant du cygne de John Woo et Snake Eyes chant du cygne de Brian de Palma. Il joue dans le chef d’oeuvre méconnu de Martin Scorsese, A tombeau ouvert en 2000, dans Adaptation de Spike Jonze en 2002 et Les associés de Ridley Scott en 2003 et Lord of War en 2005. Benjamin Gates lui permet un dernier succès public puis ce sera 20 ans de boulomie de nanars avec de temps en temps un bon film comme le Bad Lieutenant de Werner Herzog, Kick Ass, puis Joe en 2015, Mandy en 2018, Colour out of space, et Pig en 2021…


Au milieu de 60 fims tournés en 20 ans parcequ’il aime tourner et qu’il prend ce qu’on lui offre et l'assume publiquement, 10% sont bons mais à chaque fois on s’étonne du talent de l’acteur. Car oui, Nicolas Cage est excellent. Ce Dream Scenario fait partie de ces petits miracles où l’on retrouve la nuance et finesse de jeu de l’acteur aujourd’hui âgé de 60 ans.


Le scénario est dejà hyper original.


Paul Matthews, un banal professeur, voit sa vie bouleversée lorsqu’il commence à apparaître dans les rêves de millions de personnes. Paul devient alors une sorte de phénomène médiatique, mais sa toute nouvelle célébrité va rapidement prendre une tournure inattendue…


Et le réalisateur use de ce personnage banal et rébarbatif, rangé et sans aucune fantaisie pour le plonger dans une ultra célébrité soudaine et non souhaitée. La première heure du film permet alors de se moquer de la célébrité factice des réseaux sociaux et de la télévision en montrant l’absurdité de situations incongrues et soit drôles soit affligeantes. On y croise l’immédiateté et l’absence de fond de bien des relations sociales dès lors qu’on ne prend plus le temps d’être curieux. En ceci le film est très fin et très réussi. Le réalisateur décortique l’un des meaux de notre société, cette quête permanente de visibilité voire de célébrité à partir de rien, illustrée par les réseaux sociaux et cet étalage de vie privée et de photos de la mise en scène du surmoi. La folie du concept rappelle celle de « Dans le peau de John Malkovitch » avant de sombrer dans un cauchemar amer et cruel.


Cette seconde partie est réussie mais hélas traine un peu plus en redites et le film surtout rate la sortie qui aurait pu le faire décoler vers la catégorie du « film culte en devenir ». Cependant l'onirisme des situations et la satire surréaliste valent à elles seules le détour car elles servent le jeu parfait de Cage. Disons que le film aurait mérité d’être moins sage et d’aller à fond dans le délire pour vraiment cranter et laisser une trace plus indélébile.


La piste aux Lapins :



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