Alter Ego
- Blanc Lapin
- il y a 20 heures
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De Nicolas Charlet, Bruno Lavaine

Alex a un problème : son nouveau voisin est son sosie parfait. Avec des cheveux. Un double en mieux, qui va totalement bouleverser son existence.
Comédie française singulière du duo derrière les Messages à caractère informatif qui ont fait tant rire sur Canal+ il y a trèèèèèès longtemps, le film se veut absurde et grinçante. Laurent Lafitte, fraîchement auréolé d’un César, y livre une véritable performance de funambule en incarnant deux personnages opposés, exploitant avec gourmandise le ressort du dédoublement. Toujours présent à l’écran, il s’amuse de cette dualité et confirme son goût évident pour un registre comique où l’excès et la précision doivent cohabiter.
Fidèles à leur goût pour les concepts insolites, Nicolas et Bruno développent une fable décalée qui navigue entre satire sociale et délire burlesque. Leur film emprunte autant à l’humour outrancier des comédies américaines qu’au surréalisme très français de certains auteurs contemporains comme Quentin Dupieux, oscillant entre vaudeville tordu, thriller domestique et conte fantastique. Cette hybridation donne naissance à une farce noire qui se plaît à explorer les travers les plus mesquins de ses personnages : jalousie, ressentiment ou paranoïa deviennent le moteur d’un récit qui observe la médiocrité ordinaire avec un sourire carnassier.
L’humour, souvent absurde, passe aussi par une série de gags visuels efficaces et par la participation d’un casting très investi. Blanche Gardin et Zabou Breitman sont irrésistibles. La mécanique du film repose alors sur un enchaînement de situations de plus en plus délirantes, ponctué de retournements inattendus qui relancent régulièrement l’intrigue.
Tout n’est pas parfaitement maîtrisé pour autant. À mi-parcours, le principe peut donner l’impression de tourner en rond et certains passages tirent un peu en longueur. La mise en scène, parfois rudimentaire, accentue par moments l’impression d’un film qui repose davantage sur son idée de départ que sur une véritable progression narrative. Pourtant, l’ensemble parvient à retrouver un second souffle en assumant pleinement son goût pour le bizarre.
Au final, cette comédie noire ne révolutionne pas le genre mais elle possède assez d’audace et de trouvailles pour passer un moment divertissant. Une expérience parfois inégale, mais souvent très drôle, qui prouve que la comédie peut encore se permettre quelques détours du côté de l’absurde.
La piste aux Lapins :




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