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Spring Breakers

De: Harmony Korine



"Spring Breakers" est l'occasion en or pour les mateurs du monde entier de voir des bombasses se dandiner en bikinis avec gros plan sur leurs seins et leur cul, avec l'alibi du film d'auteur. Car Harmony Korine est un réal indépendant à la bonne côte dans les festivals, connu pour "Gummo", "Mister lonely" et son travail de scénariste avec Larry Clark ("Kids", "Ken park"). Leur goût pour les adolescents se perdant dans le sexe et la drogue est commun.

Maintenant, faut il s'arrêter à cet argument sulfureux et est-ce un pétard mouillé?

Pour votre blanc lapin dévoué, la réponse est clairement non. Le film distille un regard détaché sur le vide existentiel de ces ados. Pas très loins de romans comme "Moins que zero" de Bret Easton Ellis, Korine s'intéresse à des gamines de la middle class, étudiantes qui ne se retrouvent pas dans la vie toute tracée qu'on leur offre et cherchent un échapatoire. L'idée de se retrouver coincées dans une ville moyenne avec un mari et des gosses et les mêmes voisins les fait fuir.


Le grand événement de débauche qu'est le spring break pour les étudiants va devenir leur objectif. Et elles s'y trouvent bien une fois sur place car rien n'est réel, la fête est permanente, les garçons sont beaux et l'alcool et la coke coulent à flop.


Mais voilà, après celà c'est le retour à la réalité. Et pour elles, le choix va se faire entre rentrer chez elles ou suivre un trafiquant de drogue dangereux qui décide de les prendre sous sa coupe mais qui n'a pas l'air net.


James Franco trouve là un rôle excellent et une prouve une nouvelle fois le talent qu'il avait dégagé dans "127 heures" ou "Harvey Milk". Son personnage de caïd blanc élevé au milieu de noirs est à la fois flippant et attachant par le vide et la solitude qui s'en dégagent. Un point de fêlure qui lie la coquille vide de sens qu'il représente et les jeunes femmes tout aussi creuses qu'il décide d'intégrer à son monde. Ils n'ont aucun objectif à part jouir de l'instant présent et amasser un max de fric par la criminalité, le but étant de prolonger leur fuite en avant. La morale n'a aucune place dans leur raisonnement car elle est l'apanage du modèle des gens normaux qu'ils cherchent à ne pas devenir. Ils vivent ainsi dans une bulle d’insouciance où ce que l'on veut, on le prend, avec les armes si besoin, comme dans "Scarface", modèle du personnage de Franco. Il se rêve en grand caïd mais n'est au fond qu'un gamin qui a mal tourné et se trouve prisonnier de clichés de réussite.


Comme si il vivait dans un clip de Mtv et que rien ne pouvait arrêter la musique. Harmony Korine filme d'ailleurs le spring break à la manière d'un long clip, la photo étant signée d'un fidèle collaborateur de Gaspard Noé. L'ensemble a la couleur d'un long trip avec des néons et du flashy de partout, donnant une réelle identité au film. Stylisé à l'extrême, le message passe uniquement par l'image et non les mots. Le fun l'emporte sur le noir avant que le cauchemar ne refasse surface. Mais la vitesse du montage brouille souvent les cartes et nous laisse soit perplexe soit fasciné par le résultat.


Le film peut être vu comme un objet sans intérêt montrant juste des idiotes pétant les plombs et montrant leurs formes et leur culotte. Ce serait cependant dommage de s'arrêter à cette première couche du récit et de ne pas s'intéresser au vide intersidéral qui guette ces enfants du consumérisme roi, mixé aux mirages de la fiction télévisée. On y voit des êtres libérés de tout mais prisonniers de leur absence de sens. Le sens de leur vie ne peut être que de la bruler par les deux bouts puisque rien ne façonne leur personnalité à part le fric et la baise. Mais pour ceci, elles doivent être prêtes à y laisser leur peau. Leur absence totale d'intérêt pour autre chose que le cul et l'argent fait froid dans le dos mais c'est peut être l'addition salée d'un culte du capital qui ne fait pas si bon ménage avec la morale conservatrice américaine. Car quand les études débouchent sur du chômage, il reste le rêve de vivre dans un clip de Mtv, et après ? Les images sont assénées avec toute leur vulgarité et leur vacuité mais c'est pour mieux faire ressortir le coté pathétique de ces Bonny and Clyde ratées des années 2000.


Au final, "Spring Breakers" m'a bien plu...

La piste aux Lapins :













































































































Terrence Malick

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