Soudain
- Blanc Lapin
- il y a 2 jours
- 3 min de lecture
De Ryūsuke Hamaguchi

Directrice d'un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d'y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l'écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”.
On ne peut pas dire que le film porte bien son nom tant ces 3h15 m’ont parues exclusivement longues. Cette manie des cinéastes à allonger leurs films est insupportable. Dejà que des blockbusters façon Seigneur des anneaux sont pénibles, vous imaginez un film tout en mesure qui parle d’Ephad et de phase terminale.? C’est la caricature que se font les non cinéphiles d’un film cannois.
Récompensé à Cannes pour ses deux interprètes féminines, le nouveau film de Ryusuke Hamaguchi, réalisateur du magnifique Drive My Car, s’aventure dans un Ehpad parisien où l’attention portée aux autres et l’écoute constituent le cœur d’un étrange projet collectif. Une expérience qui peut se révéler émouvante, notamment lorsque le cinéaste abandonne son discours pour laisser parler les corps, les regards et les sensations.
Hamaguchi interroge notre rapport à la mort, à la vieillesse et à la trace que nous laisserons derrière nous. Le problème c’est que tout ceci semble utopique et très loin du réel des Ephad qui est balayé en une phrase par le personnage d’Effira comme si l’argent n’était pas un sujet. Pire, on nous explique que le dévouement des salariés pour la cause qui peuvent bosser comme des fous sans compter est un facteur de cette bienveillance et cette attention qu’ils donnent. Pour un film qui se veut social et de gauche, c’est assez ironique de faire la publicité des heures non payées. L’argent c’est tellement sale, n’en parlons pas. Et bien moi ça m’a gêné car le film n’est pas réaliste et le sujet derrière l’exploitation corvéable à merci des salariés parcequ’ils le font volontairement est plus que douteux.
Cependant certaines scènes possèdent une véritable grâce.
Mais cette ambition se heurte aussi à un certain excès de démonstration. À force de vouloir expliciter ses idées, notamment autour du capitalisme ou des nouvelles formes de soin, le film s’alourdit et répète parfois son propos. Sur plus de trois heures, les séquences pédagogiques et certains ateliers reviennent avec une insistance qui finit par ralentir considérablement le récit. C’est très très ditactif et au final très sentencieux et surtout lourd. Ceci m’a fait décrocher
C’est finalement lorsque Hamaguchi accepte de lâcher son discours que Soudain devient ce qu’il aurait dû être. Quelques scènes, à la fois absurdes, sensuelles et profondément humaines, rappellent alors la puissance singulière de son cinéma. Mais le reste du temps le film m’a semblé être un poncif en mode cours théorique qui m’a coupé de toute émotion. Si dans la vraie vie des individus s’expriment de la sorte en parlant je préfère ne pas les croiser, c’est juste horrible. Enfin la pièce de théâtre jouée dans le film, deux fois (un calvaire) n’a ni queue ni tête et faire croire qu’un public de vieillards en Ephad peuvent s’extasier devant une pièce en japonais ce n’est plus de la naïveté mais du foutage de gueule.
Non vraiment le film m’a agacé par son ton sentencieux et théorique. Un film qui se regarde lui même et admire la puissance de son sujet.
La piste au lapins :




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