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Quai d'Orsay

De: Bertrand Tavernier



L'adaptation de la bande dessinée de Abel Lanzac et Christophe Blain, gros carton critique et public ne pouvait qu'exciter mon enthousiasme, surtout sous la direction de l'immense Bertrand Tavernier.


Le maitre est l'un des seuls de sa génération à encore officier en France, les autres étant la plupart décédés trop tôt. Dès lors chaque film du réalisateur de "Coup de Torchon", "L'horloger de Saint Paul", "Le juge et l'assassin", ou "Capitaine Conan" pour n'en citer qu'une poignée, est un évènement.

Tavernier ne sait pas rater ses films mais son incursion dans la comédie n'a pas été toujours au top. Elle fut brillante et proche du style de Bertrand Blier avec "Coup de torchon" puis enlevée, légère mais peu être trop lisse avec "La fille de d'Artagnan".


Ici Tavernier s'intéresse donc à un double de Dominique de Villepin, ministre des affaires étrangères et à son cabinet restreint dont nous suivons la plume de ses discours, incarné par Raphael Personnaz.


En candide, il va se trouver confronté au cynisme et au professionnalisme froid de spécialistes de la diplomatie française internationale. Ici il n'est plus question de droite ou de gauche mais de comment gérer des crises en permanence, dans un foutoir assez conséquent et dans la précipitation permanente.


Il faut aussi gérer le maitre des lieux, mégalo aux grands principes mais animal politique qui croit tout savoir sur tout et en premier lieu maitriser le langage à coup de citations d’Héraclite, seul philosophe grec qu'il ait du lire. Entre effleurage des sujets, communication vis à vis du public et vrai travail de gestion des crises par les hommes de l'ombre du ministre, le film arrive à mêler le rire à un sujet qui pourtant ne s'y prête pas forcément.

Le regard sur le politique et les hautes sphères administratives n'est pourtant pas si acide que celà. Le ministre a ses convictions, même si il prend des raccourcis affligeants, n'écrit jamais une ligne mais utilise un stabylo ou résume tout sous forme de fiches synthétiques donc forcément approximatives des sujets. Mais on ne demande pas à ce dernier d'écrire une thèse, juste de faire des choix à la minute et de communiquer toujours. On y voit poindre une critique plus générale du modus operandi de nos dirigeants, qui se fient entièrement à leurs cabinets, à une dizaine de personnes et ne peuvent pas connaitre tous leurs sujets à fond, car le temps est compté et que le temps de la réflexion est difficile en politique.


Tavernier nous délivre donc une comédie avec du fond, vive et enlevée même si personnellement j'ai trouvé le montage un peu particulier. Disons que l'aspect séquences qui s'enchainent, gène un peu le déroulé d'ensemble et empêche le film de dépasser le stade de comédie sympathique. Thierry Lhermitte, dont je craignais la prestation, s'en tire plutôt bien et colle au rôle. Peut être est il un peu trop sympathique, justement.


Niveau visuel, j'ai été plus dubitatif, les effets de mise en scène, de split screen n'empêchant pas l'image de se rapprocher plus de la série Tv à la française que du cinéma.


Mais ce qui fait le succès de "Quai d'Orsay" c'est de nous faire marrer sans tomber dans le cliché du politique carriériste et incompétent. Non, ici c'est un animal prétentieux mais charmeur, approximatif mais qui sait prendre des décisions, et parfois courageux bien que vaniteux. Le film n'est cependant soit pas assez méchant soit trop simpliste en montrant des gens qui courent en permanence, en réfléchissent trop peu. C'est dommage mais ceci n'enlève pas la qualité première du long métrage qui est de divertir.


La piste aux Lapins :


























































































































































































Terrence Malick

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