top of page

Prisoners

De: Denis Villeneuve



Après son excellent "Incendies", oscar du meilleur film étranger, Denis Villeneuve revient cette année avec deux films très bien accueillis par la presse. "An enemy" sortira en 2014 mais pour l'instant c'est son "Prisoners" avec Hugh Jackman et Jake Gyllenhaal qui nous impressionne.

Villeneuse garde le sombre et l'ultra dark qui caractérisait "Incendies" dans ce thriller à couper au cordeau. Jackman joue un père dont la fillette s'est faite enlevée avec celle de ses meilleurs amis et qui est persuadé qu'un jeune simple d'esprit est le kidnapeur ou le complice. Gyllenhall joue lui l'enquêteur de police très professionnel mais méthodique qui tente de résoudre son affaire sous la pression du père, qui veut se faire justice lui même.


"Prisoners" nous dresse un tableau de l'américain de classe sociale modeste, entre réclusion sur lui même et paranoia.


Le film installe au bout d'à peine 5 minutes un suspens haletant, une course contre la montre pour retrouver deux fillettes qui peuvent mourir à tout instant selon qu'elles ont été laissées seules enfermées ou qu'au contraire le pervers se trouve avec elles. Et au jeu du suspect, Denis Villeneuve brouille les pistes suffisamment pour nous perdre en même temps que le personnage de Jackman, très bien dirigé, se perd dans des fausses pistes, tout comme le flic impuissant devant ce qui leur semble insolvable.


Le seul suspect étant quasi muet et mentalement dérangé, chacun va se trouver confronté à un mur de silence, et au risque de faire erreur, de ne pas s’intéresser au bon suspect. Bien sur, l'état psychologique des deux familles est parfaitement rendu. Mais surtout, le film ne sombre pas dans le mélo et la tension permanente nous embarque sans lâcher prise sur quand même 2h33 de film, ce qui est assez fort en soit.


Villeneuse profite donc de son redoutable thriller pour aussi aborder le thème de l'autojustice, de la limite morale de chacun face à l'horreur. A quoi est on prêt pour sauver deux enfants des griffes d'un monstres ? Peut on tout faire ou donner sa confiance aveugle dans la police, qui n'a pas forcément les moyens suffisants de remuer ciel et terre. L'impuissance des familles, de la population et du flic constituent ainsi le climat général pesant du film, au bon sens du terme, car il nous immerge dans la torpeur des familles.


On pense à "Mystic River" d'Eastwood pour la perte de repères moraux de personnages confrontés à l'horreur et à "Zodiac" de David Fincher pour la traque du criminel fantôme, collés derrière chaque protagoniste.


Denis Villeneuve signe l'une des excellentes surprises de cette fin d'année.


La piste aux Lapins :

































































































































































































Terrence Malick

3 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout

Comments


bottom of page