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May December



Pour préparer son nouveau rôle, une actrice célèbre vient rencontrer celle qu’elle va incarner à l’écran, dont la vie sentimentale a enflammé la presse à scandale et passionné le pays 20 ans plus tôt.

Todd Haynes est un excellent réalisateur. Il a su donner à la relation David Bowie / Iggy Pop tout le glam de l'époque dans "Velvet Goldmine", à Juliane Moore un de ses plus beaux rôles en épouse mariée à un homo dans les années 50 avec le magnifique "Loin du Paradis" et a rendu un hommage ultra original à Bob Dylan dans "I'm not there".


Hélas son film "Carol" avec Cate Blanchett m'a laissé totalement de marbre tout comme Le Musée des merveilles.Il est revenu à son top avec un film radicalement différent, Dark Waters, sur un scandale écologique et de santé public magnifiquement porté par Mark Ruffalo.

Dans May December, la géniale Julianne Moore joue pour lui pour la 4ème fois aux côtés d'une autre très grande actrice qu'on est content de voir croiser la route de cet immense réalisateur, à savoir Natalie Portman. Et à ce niveau le film remplit entièrement le contrats, les deux actrices étant d'une finesse de jeu incroyable. Deux scènes face à un miroir et en miroir elles-mêmes l'une et l'autre montrent les faux-semblants entre elles, la manipulation de l'image du personnage de Moore sur l'autre. Puis la seconde scène plus tard dans le film montre que Moore n'est pas dupe de la manipulation qu'au final le personnage de Portman a réussi à créer pour telle une vampire, puiser le maximum d'informations des divers membres de la famille pour percer sa vérité et construire le personnage qu'elle jouera à l’écran. Mais Moore lui montre alors son vrai visage tout aussi complexe sous des dehors de femme parfaite. La prison qu'elle a construite autour d'un ado qu'elle a séduit et sur lequel elle a eu une emprise (et au passage c'est de la pédophilie) a finis par se transformer en jolie cage dorée et aseptisée où elle s'est autoconvaincue qu'elle vivait un comte de fées. Mais l'homme homme de 40 ans, père hyper jeune, a été privé de vie, privé de choix, passé direct de l'enfance à sa situation.


Le film est glaçant car il observe un prédateur, Portman, actrice en quête de substance pour un rôle, au début sympathique et qui peu à peu s'avère aussi trouble que le personnage qu'elle observe. Les amabilités et sourires très américains cachent une vérité qui craquelle hélas sur les 50 dernières minutes. Durant la première heure, les scènes sont hélas plus attendues, soutenues par une musique omniprésente et très datée des années 80. On s'attend donc à du gros rebondissement qui n'arrive qu'au bout d'une heure et fait perdre en efficience le récit, comme si Todd Haynes avait commis un décalage peu subtil entre la forme et le fond. Le jeu de ses actrices est très juste mais la musique pompière créé un décalage. Ces effets visuels et musicaux créent donc une forme de distance et empêchent encore plus de s'attacher aux personnages, déjà peu sympathiques.


La piste aux Lapins :








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