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"Les choses humaines"

Dernière mise à jour : 6 janv. 2023

De: Yvan Attal



Le pitch : Un jeune homme est accusé d’avoir violé une jeune femme. Qui est ce jeune homme et qui est cette jeune femme ? Est-il coupable ou est-il innocent ? Est-elle victime ou uniquement dans un désir de vengeance, comme l’affirme l’accusé ? Les deux jeunes protagonistes et leurs proches vont voir leur vie, leurs convictions et leurs certitudes voler en éclat mais… N’y a-t-il qu’une seule vérité ?


Yvan Attal est un très bon réalisateur et prouve à intervalles réguliers que sa maitrise de la mise en scène et sa rigueur donnent de très bons films. Ses récentes adaptations "Mon chien stupide" d'après John Fanté et "Le Brio" avec Camélia Jordana et Daniel Auteuil étaient vraiment d'excellents films.


Avec Les choses humaines, adapté du roman de Karine Tuil, il signe à nouveau un bon film sur la thématique très actuelle du consentement. A l'époque de #MeToo on voit régulièrement dans nos discussions les gens s'opposer entre l'effet de balancier que certains trouvent too much où l'accusé de violences sexuelles est mis au banc des coupables sans possibilité de se défendre, sali de fait et les tenant(e)s de la liberté de parole comme primordiale sur tout, y compris sur la présomption d'innocence. Le Problème est donc ce juste milieu complexe entre laisser des victimes s'exprimer et accéder à une justice efficace et des présumés coupables se défendre sans passer immédiatement pour des monstres sachant que souvent le tribunal médiatique les emporte. Et c'est justement ces thèmes qui sont au cente de ce long métrage extrêmement casse gueule.


Yvan Attal filme le doute dans le regard des parents mais aussi l'impact psychologique, la dimension de distinction de classe entre des élites de gauche nanties et une famille de victimes plutôt religieuse. Le jeu d'acteurs est brillant entre Pierre Arditi en présentateur de gauche bourgeois et profitant de son succès dans sa vie sentimentale, une Charlotte Gainsbourg géniale en mère de son propre fils dans la vie, Ben Attal (fils aussi de Yvan). Ce dernier fait de premiers pas excellents en premier rôle devant la caméra après son passage réussi dans "Mon chien stupide". Enfin Suzanne Jouannet en victime sincère et perdue et Matthieu Kassovitz donnent un contrechamp troublant tandis que Benjamin Lavernhe joue un avocat d'une grande intelligence à la prestation marquante.


Bref, le casting quatre étoiles permet au film de servir un propos nuancé, éloge même d'un regard distant et de la noblesse de l'institution judiciaire tout en surprenant de part l'issue même du film. "Les choses humaines" prends le temps de l'écoute et c'est précieux dans notre société du jugement hâtif où l'on zappe au fait divers suivant de façon hiératique. Parfois le film aurait mérité quelques coupes pour gagner être un peu plus svelte et efficace.


On pense à Douze hommes en colère pour le film de procès ou au récent "Le dernier duel", excellent film de Ridley Scott, qui exploite lui aussi cette thématique du viol, du consentement et de l'histoire vue sous l'angle des différents protagonistes.


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