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Le Monde est à toi

Dernière mise à jour : 12 janv. 2023

De: Romain Gavras


Le fils de Costa Gavras est en train de se faire un prénom et c'est tant mieux. Car c'est mérité même si le bonhomme se fait rare. Il aura fallu 8 ans pour qu'il retrouve Vincent Cassel après notre "Notre jour viendra".

Et pour ce faire, Romain Gavras choisit de changer totalement de style. "Le Monde est toi" emprunte souvent à la comédie britannique façon Snatch ou aux frères Coen et c'est très surprenant pour une production française.


On y suit François, dealer dont la mère est ultra castratrice et lui confisque ses économies. Jouée par une Isabelle Adjani au sommet, cette femme haute en couleurs et vampirique se trouve être chef d’un gang de femmes pickpockets. Adjani est juste géniale dans son rôle et vaut à elle seule le détour pour ses répliques et le délire qui traverse son regard et sa dégaine hilarante.


Karim Leklou joue ce fils au rêve décalé par rapport à son quotidien barré mais pourtant ultra réaliste et pragmatique. Il veut devenir distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb ! Karim Leklou est parfait dans ce décalage de ton permanent, cette bonhommie apparente sous laquelle on sent évoluer une volonté farouche de s'en sortir. Ceci donne à la comédie un tour plus profond et ce n'est pas désagréable. Les petites frappes qui l'accompagnent de force dans son épopée sont très drôles par leur bêtise.


Quant à son homme de main, Henri, il est joué par un Vincent Cassel qui a du s'éclater dans le phrasé de son personnage complètement à côté de la plaque. Là aussi, le sourire arrive de façon récurrente.


Et puis surtout, "Le Monde est à toi" n'est pas qu'une série de gueules et de bon choix de casting, c'est aussi une mise en scène de très grande qualité et fluidité pour une comédie, genre où en France on retrouve souvent de la paresse et de l'image plutôt laide. Ici Romain Gavras use de tous les artifices du film de genre façon casse et met l'accent sur une bande-son entre vintage populaire et électro ou rap du moment. Ceci donne du corps au rythme.


Le film peut cependant décevoir par le fait qu'il ne plonge pas toujours à fond dans le gros délire, alors qu'il en a toutes les clés. D'autres y verront un dérivé de meilleure qualité des productions Besson des années 90-2000. Ce côté faussement provoque du film est la limite de la réussite du film et c'est dommage.


Le contre-emploi des acteurs compense l'aspect faussement déjanté du scénario et livre au final un divertissement plutôt original dans le paysage français, que j'encouragerai d'un "petit" 4 lapins...


La piste aux Lapins :





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