La Vénus Électrique
- Blanc Lapin
- il y a 10 heures
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De Pierre Salvadori

Pierre Salvadori a débuté en 1993 avec Cible émouvante, comédie noire révélant son goût pour les duos décalés avec un Jean Rochefort immense en tueur à gages vieillissant accompagné des très regrettés Guillaume Depardieu et Marie Trintignant. Adepte des situations absurdes, il s’impose comme un artisan d’une comédie française élégante et mélancolique avec l'excellent Les Apprentis et Comme elle respire. Après plusieurs films sympathiques avec Audrey Tautou, il retrouve sa méga patatte revient à fond avec le génial burlesque et policier En liberté !, sporté par avec Adèle Haenel, Pio Marmaï et Audrey Tautou.
On est donc heureux de le retrouver pour un autre de ses films très réussi, grand public et intelligent de rires et d’émotions avec La Vénus Électrique !
Années 1920. Persuadé que sa femme Irène est morte par sa faute, Antoine tente de communiquer avec elle par le biais d'une voyante. Il ignore qu'il parle en fait à Suzanne, une saltimbanque qui ne connaît rien à l'au-delà.
Le film réunit Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons (fraichement Césarisée pour son second rôle dans L'attachement) et Gustave Kervern.
Outre ce casting très bien équilibré, on retrouve l'amour du réalisateur pour des personnages de rêveurs un peu cassés, un peu loosers mais qui arrivent à s'enchanter la vie par des histoires. Et c'est ce qui très joli dans cette comédie inspirée, se déroulant dans le Paris des années 20 et beaucoup dans une fête foraine au charme indéniable. On rigole du stratagème des personnages avant de se faire cueillir par l'émotion, celle du comment oublier un être disparu, comment reconstruire sa vie autrement qu'en vivant dans le passé.
Faire vivre les morts en parlant d'eux et en pensant à eux c'est très beau mais çà empêche les vivants de créer d'autres histoires et de poursuivre leur vie, de s'autoriser d'être de nouveau heureux. La Vénus Électrique surprend alors par la profondeur de son propos, caché avec pudeur derrière l'originalité du scénario et le côté iconoclaste de ces personnages hauts en couleur. La pudeur de Pierre Salvadori est d'amener à ce dénouement avec une simplicité désarçonnante qui fait beaucoup de bien. Une excellente comédie qui ne fait pas rire aux éclats mais qui fait réfléchir à des sentiments basiques qui font qu'on a envie de poursuivre. Un très beau film.
La piste aux Lapins :




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