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La Mule

De: Clint Eastwood



A 88 ans, Clint Eastwood réalise toujours et il repasse devant sa propre caméra, 10 ans après Gran Torino.


La légende Eastwood est devenue culte avec Sergio Léone et l'inspecteur Harry avant de progressivement s'imposer comme un maitre parmi les réalisateurs contemporains avec notamment Honkytonk Man, Impitoyable, L'Homme des Hautes Plaines, Sur la route de Madison, Josey Wales hors-la-loi, Un monde parfait, Bird, Mystic River, Million Dollar Baby.

Mais depuis une vingtaine d'années, les démons républicains version limite rétrograde s'entrechoquent avec des films plus mineurs voire parfois oubliables. Sa filmographie se fait plus inégale et on lui pardonne moins ses sorties conservatrices.


Certes, la rigueur de sa mise en scène est toujours au cordeau mais des thématiques franchement relou comme Le 15h17 pour Paris, Sully, Jugé coupable, Les Pleins pouvoirs alternent avec des films trop bien pensants et/ou ratés comme Invictus, Au-delà, J. Edgar...

Au point que votre blanc lapin préféré a déserté la filmo de Clint au cinéma, lors des sorties en salles.


"La Mule" renoue avec un cinéma plus minéral du fait de son acteur principal, Clint himself, qui se moque justement de son image réac et décalée avec un humour de très bon aloi.

Il se joue des images bien léchées et nous fait le portrait d'un gros con égoïste qui sur la fin de sa vie veut se rattraper. Il n'a plus rien à perdre et va transporter de la cocaïne pour se faire un max de blé et profiter de la vie, tenter de se racheter une conduite auprès de la famille qu'il a toujours délaissée ou aider son pub favori à survivre.


Son film est crépusculaire, plaisant et corrosif. Mais cette rédemption sonne un peu faux car on voit mal comment la famille du personnage réel qui a inspiré le film, a pu passer l'éponge après tant de nombrilisme accumulé. Ce n'est pas toujours très crédible.

La roublardise d'Eastwood et la mélancolie de l'histoire rappellent tout le talent du cinéaste et sa capacité à envoyer se faire foutre ses détracteurs dont ceux qui comme moi ont été gavés par ses dernières années trop droitières. Histoire de nous contredire et de nous mettre face à toute l’ambiguïté du personnage, à la fois rude dans son jugement et sa vision de l'individu mais aussi distancé et prenant du recul, du haut de son grand âge et de son talent indéniable.


La piste aux Lapins :




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