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La Danza de la Realidad

De: Alejandro Jodorowsky



Scénariste culte de l'Incal de Moebius et d'autres Bd Sf assez excellentes, cinéaste iconoclaste des années 70, de "La Montagne sacrée" hallucinogène à son western "El Topo", Alejandro Jodorowsky est un personnage marquant. Je vous avais parlé dejà de lui cette année avec le brillant documentaire sur l'adaptation de Dune qu'il a failli monter fin des annees 70 (voir ici). Mais 2013 est aussi le retour du chilien au grand écran après 20 ans d'absence!


Et vous savez quoi ? Fellini et Buñuel ne sont pas morts ! Ils revivent grace à un jeune réalisateur de 84 ans, complétement barré ! "La danza de la realidad" raconte l'enfance d'Alejandro Jodorowsky au Chili et plus particuliérement de son rapport à un père communiste autoritaire et fan de staline. Et dans le film, c'est le fils de Jodorowsky qui joue, son père !

J'avoue ne pas être fan du suréalisme de Buñuel, Fellini ou de l'épure provocatrice de Pasolini.

Mais ici, "Jodo" ne fait pas que s'en inspirer, il y rajoute son experience de la Bd, avec un humour taquin, et balance une poésie et des tableaux visuels d'une grande beauté, une imagerie entre le kitch et le délire démiurge. Mais il le fait avec un sens du récit limpide, ce qui était un peu la crainte que j'avais, ayant vu ses précédentes oeuvres. Non ici, le film est plutôt facile d'accès et convoque juste le fantastique et l'imaginaire au beau milieu du réel.

Jodo raconte son enfance tel un mélange de rêves et de souvenirs. Sa mère ne s'exprime qu'en chantant comme une cantatrice, et pisse sur son père pour le soigner de la maladie, exemple hallucinant de ce qu'on peut voir dans cette oeuvre totalement libre, furieuse et tendre à la fois, une ode à la vie et à l'héritage.

Jodorowsky joue pour de vrai son personnage aujourdhui, qui parle derrière son double enfant et apporte l'experience qu'il tirera plus tard de ses aventures de gamin tiraillé entre idées communistes du père et profonde croyance catholique de la mère. Il renvoie dos à dos les cultes politiques et religieux, se moque d'un dictateur pantin façon Chaplin et fait preuve d'une mise en scéne vigoureuse assez bluffante.

Il apporte un vent d'air frais cinématographique en convoquant les fantômes de son passé et ceux du cinéma suréaliste. Mais comme il aime à le dire, la meilleure facon de rendre hommage c'est de violer l'oeuvre et de la faire sienne.

J'ai été scotché par cet intriguante déclaration d'amour à son passé, ce regard malicieux et perché d'un vieil homme vers le terreau de sa personnalité. Quel hommage magnifique à ses racines ! Quel spectacle de clown fou ! Courrez y !


La piste aux Lapins :


























































































































































































































Terrence Malick

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