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L'inconnu du lac

De: Alain Guiraudie



"L'inconnu du lac" a fait son petit buzz à cause de maires un peu trop zélés ayant retiré les affiches pour une raison ridicule. Mais si le film s'est distingué des autres sorties ciné, c'est surtout parcequ'il a marqué les esprits à la quinzaine des réalisateurs cette année. Alain Guiraudie choisit une histoire se situant exclusivement dans un lieu de drague gay, au bord d'un lac. Pas une femme n'apparait à l'écran. En revanche des hommes on en voit, nus, totalement, puisque c'est une plage nudiste et qu'on les voit aussi se balader dans le bois d'à coté pour baiser. C'est cru, homophobes s'abstenir...mais je crois que le buzz de l'affiche évitera les cris d'orfraie dans la salle... Il y a beaucoup d'hommes murs, de gras du ventre et on se retrouve très loin des clichés pink du marais parisien. Ces corps qui s’entrelacent n'ont rien de beau, c'est réaliste et c'est du sexe triste. Guiraudie aurait il pu s'abstenir d'aller si loin dans ce qu'il montre ? De montrer autant de bites ? Oui, bien sur mais son choix permet d'évacuer très vite la gêne de voir ces corps nus et de s'y habituer, laissant le champ au fond de l'histoire. La nudité fait partie du cadre, ne pas la montrer aurait été compliqué et n'aurait pour le coup, rien apporté. Et pourtant, le film n'est pas réel et semble parfois relever du conte par l'atmosphère qui s'en dégage.


En effet le réalisateur choisit l'économie de lieux et de plans. On voit le parking sur lequel la voiture du jeune personnage principal arrive, scène multipliée pour souligner l'habitude et l'addiction. On voit la plage et le lac et on voit le bois de tous les ébats. Point. Les scènes sont cadrées à l'identique au plus près des corps et des visages. Certains peuvent trouver cela ennuyeux, d'autant que ce que se disent les personnages n'a rien de passionnant, mais c'est justement ces partis pris de mise en scène qui resserrent l'étau sur un final oppressant à souhait.

Le film m'a fait monter l'angoisse peu à peu jusqu'à un niveau étouffant. La fascination qu'a le "héros" pour un être mortellement sensuel, sexuel et mystérieux, attire le personnage malgré tous les signaux qui devraient l'alerter. Ce rapport de fascination, cette ambiance crépusculaire mélangée à la solitude de ces types qui ne viennent là que pour baiser, qui ne semblent pas avoir de vie sentimentale, donnent à cet "Inconnu du lac" un gout effrayant. Mais un gout irréel aussi.


Le réalisateur transforme un film qui pouvait sembler voyeuriste en thriller noir et flippant avec une efficacité redoutable. La frontière du bois des désirs fait basculer l'ensemble dans un conte pour adultes où le petit Pd se trouve face à un inconnu manquant d'humanité, au point de n'être homme qu'en apparence. La photo et la lumière du film baignent l'ensemble dans ce même mystérieux. L'humour arrive même à s'immiscer entre deux scènes de cul.

Jusqu'où désir et passion peuvent elles amener un individu à s'aveugler alors qu'il sait qu'il fonce dans un mur ? Alain Guiraudie situe son film simplement dans un milieu et un cadre qu'on ne voit pas si souvent, avec des protagonistes pour lesquels classe sociale et cadre familial n'ont pas d'incidence. Le lien de ces hommes est le sexe bestial dès lors comment se prémunir d'un prédateur? Le long métrage peut choquer certes mais pour ma part j' ai trouvé l'exercice de style brillant.



La piste aux Lapins :






































































































































































































































Terrence Malick

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