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Knight of Cups

De: Terrence Malick



Je suis un grand fan de Terrence Malick, cet auteur culte qui se cache derrière "Les moissons du ciel", "Badlands", "La ligne rouge" et "Le nouveau monde", quatre bijoux d'onirisme, d'ode à la vie...puis le maitre a pris un tournant dans sa carrière avec "Tree of life", qui fut récompensé de la palme d'Or. J'ai beaucoup aimé le film avec Brad Pitt malgré l'absence totale de dialogues, Malick décidant d'opter exclusivement pour une voix off exprimant les tourments et pensées des personnages sur des images perchées exprimant tant leurs émotions que des émerveillements du cinéastes sur la filiation, la passation d'une génération à l'autre etc...Il poursuit avec "A la merveille" et un Ben Affleck muet et là pour le coup je décroche complet car le film est encore plus radical, détruisant encore plus le lien narratif entre les époques de la vie d'un homme infidèle.

Avec "Knight of Cups", Malick retrouve Christian Bale mais n'abandonne pas ce nouveau style qui semble lui convenir même si il peut perdre le spectateur et rendre son propos parfois autiste et reclus sur ses propres réflexions. C'est dommage car sa mise en scène est somptueuse et son choix artistique trop radical. Il n'invite pas le public à entrer dans ses ressentis de la vie car justement, les personnages ne s'expriment qu'en voix off par bribes de phrases ou de réflexions. C'est donc décousu et il convient de s'accrocher pour suivre, recomposer le lien volontairement mis de côté. Le film étant chronologique, l'effort n'est pas considérable mais il existe tout de même.


Quant aux réflexions du cinéaste, on en loupe forcément puisqu'il ne les exprime pas par des mots et des pensées constituées autour d'un argumentaire. Il est donc vite possible de décrocher. D'autant que le film peut paraître long parfois. Pourtant, pourtant, malgré ces remarques, le film a quelquechose de fascinant. Je ne peux m'empêcher de me dire que je l'ai vu à un moment où je n'étais pas disponible pour voir ce type de film. C'est sensuel, sensitif et brillant par les thèmes abordés sans aspect démonstratif mais juste avec des scènes de vies où Chistian Bale est de tous les plans mais n'exprime aucun mot de sa bouche. On devine juste dans quel univers il évolue et quels sont les dispositions des autres personnages voire ce qu'ils ont du vivre pour en arriver là. C'est un film sur un homme en perdition de repères. Et c'est ce choix d'illustration radical qui nous montre un Christian Bale évoluant comme un étranger au milieu de sa famille, de fêtes somptueuses et décadentes, d'un Las Vegas de stripteaseuse ou tout simplement en pleine nature. On ne comprend pas tout et c'est frustrant. Mais le montage de Malick, le foisonnement d'images de toute beauté dont urbaines (ce qui est nouveau), font de "Knight of Cups" un récit déroutant par sa splendeur et sa prise de hauteur.


C'est donc compliqué de noter ou critiquer un tel film. J'ai plutôt adhéré au concept, été happé par la virtuosié hypnotique de Terrence Malick mais j'ai été aussi sorti du film à plusieurs reprises par manque de narration et besoin qu'on m'aide à y retourner. J'aimerais déjà revoir le film et surtout que Malick revienne davantage à un cinéma plus classique pour moi, simple blanc lapin, qui n'ait pas les chakras suffisamment ouverts pour tout percevoir d'un coup d'un seul. "Knight of Cups" est un film énigmatique et une expérience sensorielle déroutante.


La piste aux lapins :






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