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Foxcatcher

De: Bennett Miller



Le plus flippant dans ce film du réalisateur de "Truman Capote", c'est qu'il est tiré d'une histoire vraie. Un milliardaire se prend de passion pour la lutte et décide de débaucher deux frères champions toute catégories et de fonder une école puis remporter les Jeux Olympiques;

Prix de la mise en scène lors du dernier festival de Cannes 2014, le film de Bennett Miller est d'une maitrise formelle implacable. Sa mise en scène sobre, tout en retenue voir froide et distanciée, va permettre d'instaurer un cadre idéal à l'évolution du drame.


Steve Carell, transformé et à 1000 lieues de ses rôles comiques, impressionne dans son rôle de grand frustré, qui a raté sa vie personnelle, dans l'ombre de sa mère, et décide d'utiliser son pouvoir et son argent pour tordre le cou à la réalité. Sa mégalomanie, son besoin de revanche sur les autres, de prouver à sa mère qu'il est autre qu'un héritier chanceux, font du personnage un être terrifiant. Il ne parle que très peu, énigmatique, son regard est insondable et son comportement parfois flippant. C'est l'histoire d'un médiocre qui utilise son argent pour assouvir ses phantasmes de gloire et son patriotisme délirant. Le désir d'un puissant qui n'a que son argent comme atout est terrible. Le risque qu'il détruise ce qu'il n'obtient pas, ce qu'il ne possède pas, va accompagner tout le long métrage, comme un danger qui se tapit dans l'ombre.


Le film nous surprend par son évolution, faussement linéaire, son calme, qui sous tend une explosion possible à tout moment de l'un des protagonistes. Channing Tatum ajoute un autre rôle intéressant à sa carrière et prouve qu'il a l'intelligence de vouloir la construire avec soin. Il devient l'objet manipulé d'un monstre froid.


Mais plutôt que de détailler de façon didactique la psychologie des personnages, Bennett Miller préfère des silences. Le climax du film est étouffant, baigné de silences pour mieux exacerber l'isolement progressif et la perte de repère du personnage de Channing Tatum.


Le film se fait oppressant et inquiétant, sans pour autant distiller de rebondissements classiques du thriller. Cette tension atypique, confrontée à une mise en scène d'apparence classique, donne une tonalité vraiment originale.


"Foxcatcher" parle de liberté et du prix qu'on est prêt à y mettre pour la sacrifier.


Une excellente expérience


La piste aux Lapins :
































































































































































Terrence Malick

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